Retour à l’actualité des sorties 2020 avec ce « Gary Bartz and Maisha ». Gary Bartz appartient déjà à la légende du jazz, tout jeune il est impressionné par Charlie Parker c’est pourquoi il choisit le saxophone alto comme instrument de prédilection, il côtoie les grands noms de l’ère bop, il faut dire que son père tient un club de jazz à Baltimore. Il joue avec Max Roach, Art Blakey, Jackie McLean et bien d’autres encore, plus particulièrement McCoy Tyner et Miles Davis qui seront des influences prégnantes.
Aujourd’hui, âgé de soixante-dix-neuf ans, il sort en collaboration avec le collectif anglais « Maisha » un album enregistré en Hollande en 2019, une « Direct To Disc Session », il faut préciser que les protagonistes ont fait une tournée préparatoire qui a permis de bien se connaître et de faire fusionner les énergies. Il faut dire que Maisha a sorti en 2018 un magnifique album (de mon point de vue) « There Is A Place », précédé de l’E.P. « Welcome To A New Welcome » dispo uniquement sous forme de fichiers, ajoutons que le collectif est actif dans cette nouvelle vague anglaise qui fait tant parler.
Gary Bartz a toujours été rétif au free bien qu’il se soit accommodé de la musique modale et de la spiritual music, son jeu au sax est très axé vers les sons graves et son approche est assez traditionnelle. Deux titres ici sont à son actif, « Uhura Sasa » et « Dr Follow Dance », les trois autres compositions sont communes. L’album est court, trente-cinq minutes environ, la fusion d’ensemble est parfaite, de larges places sont faites aux improvisations, beaucoup de groove ici, de passages bien funk également, un plaisir de jouer évident. L’autre invité, le trompettiste Axel Kaner-Lidstrom de Cykada et Levitation Orchestra brille également, ce qui se traduit par un moment d’écoute bien agréable, ce qui est déjà beaucoup.