Bibi Tanga est un artiste très singulier qui mérite d'être suivi. Originaire de Centrafrique, il a participé à certains projets de la Malka Family, a joué avec le Pr. inlassable, les Sélénites et a dirigé les Greements de Fortune.
A la première écoute, on remarque que les morceaux de Bibi sont toujours emmenés par une super ligne de basse, qui en fait, avec sa voix très reconnaissable, sa signature. Je me suis longtemps dit qu'il y avait une connivence rare entre le chanteur et son bassiste pour atteindre un tel degré d'échange... Avant de comprendre, plus tard, que ce duo n'était en réalité formé que par une seule et même personne.
Bibi Tanga développe dans cet album son génie musical inclassable. Il suffit de faire une recherche sur le net pour le trouver qualifié d'artiste de funk, jazz, de musique africaine, de pop rock , ou de hip hop... Confusion la plus totale parmi les critiques donc..
Pour ma part je qualifierais cet album comme orienté musique africaine, mais mélangeant des morceaux de funk, de blues-folk et de variétés. Bibi sait tout faire et surtout il fait tout bien, ce qui est un brin agaçant quand on y pense.
Les rythmiques sont dynamiques et modernes quel que soit le style, les traits de cuivre sonnent bien , la voix de bibi est très intéressante et se rapproche par moment de celle de l'illustre Gil Scott Heron ou de Olu Dara. Les textes sont chantés en africain, anglais ou français , histoire d'en ajouter une couche.
Un album varié orienté "production radio" avec des morceaux courts, qui arrivent généralement très vite sur le refrain et laissent de côté l' improvisation instrumentale (dommage..). Il peut être écouté avec des personnes qui n'apprécieraient pas un album entier du même style (notamment la musique africaine qui fait parfois fuir...).
Les morceaux phare de cette album sont constitués par A I Mveni, Guigui so pour la partie africaine, Love can bring you pain et now pour le côté pop rock (très réussi au passage), des vraies idées sur des fondements blues folk (Home Town et who's gonna be your man ) sans oublier quelques pépites funk ( So High, Upset) virant P funk (Money Honey, et Whob can we trust).
A l'opposé les deux premiers morceaux ainsi que War sont un ton en dessous selon moi.
Quelques défauts apparaissent donc . Tout d'abord, l'étonnant choix du premier morceau, globalement le plus insipide. En fait l'album semble comme monté à l' car on s'éclate nettement plus en deuxième partie et les bonus tracks n'y sont pas pour rien...
Ensuite l'aspect parfois trop sage et trop lisse de la musique proposée, qui est très bien réalisée et dont on souhaiterait en conséquence qu'elle transpire plus, qu'elle soit plus exploratoire. Ça donne donc envie d'aller voir ça en live pour vérifier si l'Afrique musicale se fait sentir sur scène.