Voici « Oblique Sessions II » second volume, mais sans véritable rapport avec le premier volet déjà présenté, si ce n’est la présence de Pascal Comelade. Celui-ci retrouve un vieux compagnon de la période qui l’a vu entrer dans la musique enregistrée, avec le retour de Richard Pinhas, héros de Heldon et autre trublion de la musique. Ils se sont côtoyés au milieu des années soixante-dix et n’ont cessé de se rencontrer depuis, avec cet album, la complicité musicale qui les a souvent rassemblé marque une nouvelle étape.
Pascal Comelade joue avec ses jouets, guitares en plastique, piano-jouet, grand piano et orgue électrique. Richard Pinhas est crédité sur la pochette de guitares électriques, avec des pédales d’effets sans doute, les synthés ne sont pas cités. Je recommande en premier lieu l’album aux amateurs de Brian Eno et de Robert Fripp qui devraient apprécier le menu.
Je suis un très grand amateur de la musique de Pascal Comelade, son côté bricoleur surdoué me fascine et j’engrange ses enregistrements. Ici on retrouve ses habituels traits de génie, un rythme fabriqué avec un vieux jouet cassé, ou une mélodie arrachée avec de vieilles cordes de guitares accolées à une caisse de « résonance » en plastique, c’est fou : ça marche ! Il me fait penser à Han Bennink qui continuait à jouer de la batterie en concert après avoir quitté son instrument, en frappant du plat de la main le plancher de la scène, l’instrument, c’est soi, ce qu’on touche, ou ce qui est à sa portée.
Pour être partenaire aux côtés de Richard Pinhas, il faut laisser la place, le maître de l’ambient, des textures et des tessitures massives a besoin d’espace, il peint, crée des boucles, sature et tapisse le décor avec une science maîtrisée de son art.
A l’arrivée, rien à dire un album extraordinaire, original, sans doute inimitable même.