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Sūkṣma-śarīra

Avis sur Obscura

Avatar Ricky  Grayson
Critique publiée par le

Ayant trainé mes guêtres depuis plus d’une décennie dans les marécages les plus boueux, embrumés et pestilentiels de la musique morte, je pense être en mesure de pouvoir m’exprimer sur la majorité des œuvres qui la compose.

De la genèse du genre jusque dans ses périodes de disette, en passant par ses résurrections multiples et ses méfaits les plus violents, la scène a su construire un édifice solide malgré des épisodes laborieux.

Pourtant, il demeure en ces lieux des pièces inviolables, des œuvres multiformes renfermant des richesses en abondances dissimulées sous un masque répulsif.
Obscura se pose dans cette catégorie en véritable labyrinthe aux imbrications multiples et changeantes, fuyant à chaque approche, se remodelant dans la pénombre avant sa prochaine réapparition.

Cinq années séparent Obscura de son prédécesseur, The Erosion of Sanity, sorti en 1993. Cinq années d’un silence radio suite à l’éviction des québécois par Roadrunner Records au retour de leur 1ere tournée européenne, dû aux ventes peu fructueuses.

The Erosion of Sanity tranchait déjà avec Considered Dead par son approche résolument plus agressive, plus froide, et par ses quelques plans dissonants, comme sur Condemned to Obscurity, inspirés par Human Remains et son EP Admirations Most Deep and Foul sorti l’année précédente.

Dès les années 93-94, la scène death est en pleine saturation, les groupes se suivent et se ressemblent, et ce, malgré la relative jeunesse du genre et l’engouement autour de son éclosion, tandis que la vague de black metal Norvégien et ses frasques monopolisent l’attention.

Luc Lemay et sa bande, alors composée de Steeve Hurdle, Steve Cloutier et Steve MacDonald, souhaitent apporter du sang neuf et faire fi des conventions du genre, s’éloignant du riffing classique et priorisant les blast beats ainsi que les parties en slow-mid-tempo, créant des atmosphères massives et glaciales.
Chaque riff étant travaillé séparément en tant que pièce unique, développant une thématique forte pour chacun, sans égard pour les considérations techniques, dépassant d’un cran encore celles de The Erosion of Sanity.

Lemay, Hurdle et Cloutier composent et poussent les expérimentations menées sur The Erosion of Sanity au 1er plan, et ce, dès le morceau titre aux riffs dissonants représentatifs de la nouvelle marque de fabrique des québécois, renforcée par les chants torturés de Lemay et Hurdle.
S’inspirant de la philosophie indienne, de la méditation et des livres d’Osho dont Hurdle est friand, en atteste le titre The Art of Sombre Ecstasy, Obscura s’offre comme une œuvre viscérale aux enchevêtrements complexes.

Gorguts ne disposant d’aucun contrat depuis 93, Lemay s’attèlera à la tâche du démarchage mais ne trouvera preneur, tous jugeant les compositions beaucoup trop alambiquées et étranges.
Ça sera finalement Olympic Recordings, branche de Century Media Records, qui prendra les québécois au sérieux et leur permettra d’enregistrer au Studio Victor à Montréal, Patrick Roberts remplaçant alors Steve Macdonald aux fûts.

Techniquement imparable, à l’aura mystique grâce à son concept unique, Obscura bouscule les conventions et prend la scène à contre-pied en cette année 98, créant la surprise, l’engouement, ou le rejet le plus total, l’imposant immédiatement en tant que classique inimitable et indétrônable.

The Carnal State
Subtle Body
Faceless Ones

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