Thumbscrew – Ours – (2018)


« Thumbscrew » est le nom d’un trio formé de personnalités de plus en plus familières, pour qui passe par ici. Tomas Fujiwara est le batteur, Mary Halvorson la guitariste et Michael Formanek le contrebassiste. Les trois se sont rencontrés bien des fois.


Sur l’album « The Distance » de Michael Formanek, sur « After All Is Said » et « The Hook Up » de Tomas Fujiwara ainsi que sur « Code Girl », que je vous avais présenté, de Mary Halvorson. A ce stade ils sont familiers, d’autant que les collaborations continueront dans la durée. L’entente est grande, tant musicale que personnelle, même si les rassemblements restent ponctuels, chacun disposant de son entière liberté.


« Ours » est le troisième album de la formation, paru quasi en même temps que « Theirs », les deux albums sont par ailleurs souvent associés bien que distincts. Les deux ont été conçus et enregistrés dans le cadre d'une résidence à « City of Asylum », à Pittsburgh, en Pennsylvanie, en juin dix-sept. L’album est copieux avec plus de soixante-six minutes de musique.


« Ours » contient neuf pièces composées par les membres du trio, chacun en présentant trois, c’est Mary qui ouvre le bal avec l’excellent « Snarlings Joys » où elle nous gratifie de ces fameux glissements qui provoquent des effets atmosphériques particulièrement délicieux.


« Saturn Way » est signé Tomas Fujiwara qui nous plonge dans un monde de sciences fiction un peu étrange, c’est un batteur qui peut s’adapter à n’importe quelle situation, de ceux que jamais rien ne déstabilise, il possède une très grande maîtrise de son instrument et des codes de cette musique changeante et constamment évolutive.


La troisième pièce est donc présentée par le contrebassiste Michael Formanek, « Cruel Heartless Bastards » est plus vive et carrée, s’ancrant dans le rythme, il range l’archet et continue pizzicato vers une cavalcade intense et saturée. Le trio nous propose une musique assez unique et aisément identifiable, mais ouverte et très riche, diversifiée et clairement virtuose, même si ce critère n’est jamais en tête dans la volonté d’expression.


Les notes de pochette ajoutent à la compréhension de l’atmosphère qui régnait lors de cette réunion : « Cet album est dédié avec amour à Tatiana Formanek (1927-2017), disparue paisiblement au petit matin, le lendemain de la fin de la résidence durant laquelle a été créée la musique de ces enregistrements. Elle a été présente dans nos pensées tout au long des répétitions et de l'enregistrement des disques « Ours » et « Theirs », et sa présence se perçoit assurément dans la musique qu'ils renferment... où elle vivra à jamais. »

xeres
10
Écrit par

Créée

le 1 oct. 2026

Critique lue 4 fois

Lanquidity

Lanquidity

10

xeres

le 28 févr. 2016

Suivre

Un voyage dans le "Space-Jazz-Rock"...

Plus que tout autre, Sun Ra est une bibliothèque, il a parcouru, lu et écrit l'histoire du jazz, de l’intérieur, il a vécu les évolutions et participé aux révolutions. Membre actif de cette longue...

Bitches Brew

Bitches Brew

10

xeres

le 5 mars 2016

Suivre

Critique de Bitches Brew par xeres

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté de la pochette créée par Mati Klarwein. On la devine symbolique, plus particulièrement quand elle s’offre déployée, pochette gatefold ouverte. On...

Both Directions at Once: The Lost Album

Both Directions at Once: The Lost Album

10

xeres

le 2 juil. 2018

Suivre

Critique de Both Directions at Once: The Lost Album par xeres

« Il » est arrivé ce matin, bien protégé, sous cellophane, belle pochette avec deux triangles découpés laissant apercevoir la sous-pochette… Le vinyle avec le prestigieux macaron « Impulse »,...