DJ /rupture & Andy Moor – Patches (2008)
Curieux album entièrement improvisé, enregistré lors de concerts donnés pendant la tournée de mars deux mille sept. Seize pièces, pour une durée totale d’environ une heure de musique jouée à l’« ot301 » d’Amsterdam, au « grand mix » de Tourcoing, à l’ « épicerie moderne » d’Orléans, à l’ « azimut 854 » de Nancy et pour finir à « la cartonnerie » de Reims.
Ceux qui passent par ici de temps à autres connaissent déjà Andy Moor, guitariste du groupe « The Ex » mais aussi électron libre musical prêt à toutes sortes de rencontres pourvu qu’elles soient sous le signe de l’amitié ou de l’imprévu. Ici son comparse se nomme dj/rupture, aka Jace Clayton, un gars qui manipule les platines et « fx », ce qui pour moi n’a aucune signification précise, disons qu’il bidouille les sons, incorpore d’autres musiques et des enregistrements et joue également de la batterie électronique.
Tout ici est réputé improvisé, accordons tout de même cette part de préparation dans les échantillonnages et la cueillette dans le travail ancien, mais qu’importe. La collaboration entre les deux est brinquebalante en ce sens que souvent l’un joue à l’avant et l’autre se montre assez discret, soutenant en retrait, mais c’est alternatif, les rôles se succèdent.
Il y a également parité de temps en temps, souvent pour le meilleur, les riffs d’Andy Moor souvent abrasifs, retords et grinçants se prennent dans les filets de Dj rupture et tout devient possible. Il y a également des références fréquentes à des musiques venues d’ailleurs et tous ces passages sont justes merveilleux, les morceaux défilent en laissant derrière eux l’envie de les réentendre, « Chisanga », « One Hundred Month Bloom », « Jimmy Rogers », « Mateso », « Nawura », « our Ennemies Have Watches But We Have Time » autant de titres réussis et enchanteurs, et il y en a d’autres…
L’album est très bon, un mélange qui va du punk au hip hop, du rock au free, du dub à la techno, une sorte de fourre-tout souvent cherchant, déstructuré avec des références populaires qui s’entendent parfois, des coulées douces un peu sucrées qui font mouche, mais ça c’est plutôt le boulot de Dj Rupture, Andy, lui, crapaude et balance des guitares souvent hargneuses ou barrées…
Un album qui pourrait plaire à beaucoup.