Un homme libre en notre fin de siècle joue, avec une insouciance que l'on attribue généralement aux fous, tel un funambule, entre essentiel et dérisoire : du militantisme écologiste et virulent à la peinture pointilliste des sentiments, le spectre des émotions est parcouru à grands pas. Toute honte bue, la musique est tour à tour psychédélique et sobrement pop. La voix se tend et se relâche comme un élastique, avec des envolées de pur bonheur ensoleillé et des maelströms de rage. Il n'y a jamais d'amertume, mais un formidable respect pour la vie, à jamais ludique. [Critique écrite en 1991]