L'album solo du chanteur de Manau qui voyait déjà sa popularité décliner. Sans surprise, cet album sera passé inaperçu.
Bon déjà, je précise que musicalement, Premier pas n'est pas si différent d'un album de Manau. C'est toujours écrit par Martial donc on retrouve des histoires racontées du point de vue de plusieurs personnages (une fourmi, un condamné à mort, un alcoolique). La plupart des musiciens de Manau sont là aussi, à coups de guitares, de flûtes et de violons.
Mais alors c'est quoi qui change ? L'absence de Cédric Soubiron, le numéro 2 du groupe avec qui Martial compose habituellement. Il s'en sort pourtant bien, reprenant ce qui a fait la qualité de ses morceaux au sein du groupe.
Il en profite pour clarifier sa position au sein de l'industrie du rap de l'époque avec "Mytho du ghetto", un morceau intéressant qui se moque de la fausse image de bad boy que se donnent certains rappeurs pour se donner une pseudo crédibilité. Même s'il a grandi dans une cité, l'imagerie propre au rap n'a jamais attiré Martial, encore moins après que les rappeurs aient considéré que Manau n'était pas du "vrai rap". Ce morceau sera évidemment boudé par les radios.
Bref, un album pas déplaisant qui s'adresse avant tout aux fans de Manau. Les autres pourraient y voir des mélodies sympathiques avec quelques messages amenés parfois maladroitement ("L'état de mon époque" qui mélange la guerre en Afghanistan et les débuts naissants de la télé-réalité).