Quand il n'y a plus de place en enfer...

La nostalgie est une valeur sûre. C'est ainsi qu'on a récemment vu Michael Kiske (chant) et Kai Hansen (guitare), membres "historiques", rejoindre le line-up actuel d'Helloween pour la tournée Pumpkins United. Toujours généreux envers leur public, les Allemands se sont fendus d'un single éponyme somme toute sympathique. Sans atteindre le haut du panier en matière de composition et d'écriture (le passage qui évoque d'anciens titres n'est pas d'une grande finesse), le morceau tient bien la route notamment grâce à un refrain efficace dont les Teutons ont le secret. Ce cru 2017 sonne résolument "moderne" et porte évidemment le sceau de la formation en place.


Même constat sur scène (Le Zénith - 15 novembre 2017). Aussi bienveillant soit-il, l'accueil réservé aux "anciens" de la citrouille ne laisse planer aucun doute sur les intentions des joyeux lurons. La set-list balaie ainsi toutes les époques si l'on excepte le tout dernier album en date (ce qui n'est pas un mal). Et même si la paire d'invités est mise à l'honneur (le medley de Hansen, les titres chantés en solo par Kiske, l'hommage du batteur Dani Löble à son prédécesseur Ingo Schwichtenberg), on sent bien que Weikath (guitare) et Deris (chant) sont toujours maîtres à bord. À l'heure du bilan, hors de question de renier les plus récents succès.


Cet équilibre entre passé et présent est d'ailleurs la grande force de la prestation. Les fans de tous âges y trouvent leur compte et chacun aura peut-être à cœur d'aller découvrir une période qui lui est moins familière. On regrettera cependant le format très découpé du show avec des intermèdes cartoonesques plutôt médiocres sur le fond et la forme. Pour le reste, la formule est connue du public : un désastre capillaire et vestimentaire, quasiment trois heures de musique, une exécution impeccable, un son clair et distinct, de très beau "duels" vocaux ainsi que des sourires comme s'il en pleuvait malgré un Markus Grosskopf (basse) un peu en retrait scéniquement.


Cette très belle soirée est encore une fois littéralement illuminée et animée par le malicieux et solaire Andi Deris. Si Kiske est impeccable et que sa tessiture reste impressionnante (les harmonies des duos sont splendides), son attitude moins flamboyante contraste nettement avec l'aisance et le registre d'intonations plus varié de son successeur (en dépit des efforts de ce dernier pour le mettre en lumière). Signe des temps, c'est le "jeune" Sascha Gerstner (guitare) qui conclut de fort belle manière l'hymne 'Keeper of the Seven Keys'.


Confettis et ballons aux couleurs du groupe viennent clore un concert placé sous le signe de la joie et du souvenir. Un joli coup d’œil dans le rétroviseur pour un groupe qui garde son futur en ligne de mire.


Lyrics-video de 'Pumpkins United' : https://www.youtube.com/watch?v=yh8zPuB03_c

egovox
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le 20 nov. 2017

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