Lew Soloff – Rainbow Mountain – (1999)
Un trompettiste que j’ai découvert et aimé alors qu’il jouait aux côtés du Gil Evans Orchestra dont il était un membre éminent. Dans le répertoire il y avait ce fameux « Up From The Skies » de Jimi Hendrix, dont il donne une version sur cet album.
D’ailleurs il continue ce fil rock, au travers de quelques titres, comme le « Suzie Q » mis à l’honneur par le Creedence Clearwater Revival qui en avait fait un titre culte de son répertoire, et dont une bonne version est donnée ici. Tout comme « Born On The Bayou » dont Soloff nous propose une lecture également.
Et pour clore cette série de reprises, nous avons droit à celle de « Stairway To Heaven » qui aurait dû, lors des concerts, soulever le public, à moins qu’elle n’aide à meubler l’atmosphère dans les salles d’attente, c'est tout de même bien de vouloir insérer des standards nouveaux dans la musique populaire de jazz, et ça reste un joli thème…
Bon, Lew a convoqué quelques-uns de son entourage, Joe Beck à la guitare, Louis Marini aux saxs et à la flûte, qui a également composé, avec talent, trois pièces ici, Mark Egan aux basses et Danny Gottlieb à la batterie, tous moches d’après les nouveaux critères raciaux en vigueur.
D’un autre côté, du simple point de vue musical, ça n’arrache guère, sympa mais conventionnel, parfois même gentillet, j’attendais mieux, mais je vous en parle tout de même, particulièrement pour l’effort qui est fait d’intégrer la musique rock dans le jazz, ce qui pourrait intéresser, malgré tout, quelques âmes par ici, et ça marche bien tout de même…
Il y a également le cas de « Rainbow Mountain », le morceau titre joué en seconde place sur l’album, mais qui est interprété par un autre orchestre et greffé ici on ne sait trop pourquoi, bien qu’il se tienne convenablement, frôlant les dix minutes, mais je lui préfère l'excellent « Frog Legs » qui régale...
On se quitte sur une bonne note avec « Tout va Lews » de Joe Beck, on a tout de même pu profiter tout du long de l’excellence de Lew lors des solos de trompette dont il nous régale, souvent avec une sourdine dont il est un des meilleurs spécialistes, et rien que pour ça, l’album vaut son pesant de cacahuètes.