J'ai découvert leur son sur Loud Frequency avec Sie Nannten Ihn Locke, et je les avais qualifiés de prog matinal. Dès l'écoute de Replugged, j'étais convaincu que ce serait dans cette direction. J'ai vite compris que je me trompais.
Clean : Un tourbillon sourd, sombre et hypnotique au départ, qui devient plus léger et contrasté après 4'45 avec un lead mélodique et fugitif. À 6'15, une atmosphère de break abyssal et profond prépare le climax, conférant une touche finale cosmique et flottante au morceau.
Straight : Les sonorités sont plus métalliques ici (le lead survolté à 2'45) d'où résulte un esprit plus tranchant et sanglant, avec un fond sombre et sourd. Le break à 4'30 est agréablement triste et lugubre, me rappelant un peu l'album de Cosma-Non Stop. C'est alors que les riffs lead survoltés reviennent à 6'00. Les 2 dernières minutes sont plus lumineuses, avec un chant féminin strident en arrière-plan.
Après une courte pause en chute libre, le timide et boiteux « Tool Time » matinal : la progression du morceau est plus spatiale jusqu'à 1'50. Puis la ligne de basse s'envole, accompagnée d'une rythmique soutenue. Une mélodie émotionnelle fait son apparition à 4'34. Le thème mélodique gagne en assurance avec le temps et devient un lead plus virulent.
Persia : Contrairement aux précédents, ce morceau présente un début énergique immédiat, couplé à un traitement sonore instantanément orné. À 3'00, un lead matinal lunaire et onirique arrive. Après une douzaine de secondes vers 4'00, on a l'impression de franchir le mur du son et de pénétrer dans un champ de turbulences jusqu'à 5'45. Après un court instant d'immobilité, attendant l'autorisation d'ouvrir et de traverser le champ magnétique, vous pouvez enfin accélérer à fond et activer votre turbo, direction la planète Perse.
C'est alors que la mélodie prend un ton glacial et savoureux à mes oreilles.
Conqueror : À 2'35, le lead est comme un extraterrestre facétieux et joyeux qui tente de parler aux humains sans succès. Il rencontre plus de succès en étouffant sa voix dans un chant de sirène cosmique envoûtant à 3'52. Maintenant, il est tard, vous êtes pris au piège et vous êtes sous son pouvoir.
Into The System : La rythmique est proche de celle de Tool, mais il y a plus : des tonnes de riffs nerveux et aiguisés confèrent au morceau une atmosphère agressive mais toujours positive. Pour confirmer mes dires, Optokoppler a tout prédit avec un extrait de break à 4'47 : « Une femme crie de surprise et un homme lui dit : « Wow, wow, wow, détends-toi, ça va… c'est juste une simulation, c'est fini, c'était un test, jugement, concentration, les lycées techniques sont partout… Tu as des explosions, ça va ? ». Ajoutez une couche atmosphérique pour reprendre votre souffle avant que le rock lourd ne reprenne. Into The System avec plus d'assurance, car la femme est maintenant capable de déclamer ces 3 mots (8'52).
Intergalactic : Je ne sais pas pourquoi les gars d'Optokoppler ont décidé d'inclure ce morceau plus clubtrance. Bon, ce n'est pas très perceptible au début, car c'est quand même assez proche du style développé dans leur album. Néanmoins, c'est particulièrement sonore avec le break à 5'40 et après la fin. C'est dommage, personnellement, je préférerais une production matinale plus groovy, comme ils ont réussi à le faire avec « Sie Nannten Ihn Locke » dans la compilation Loud Frequency.
Traditions : L'un des principaux attraits de ce morceau réside, pour moi, dans sa partie « effet yaourt » entre 7'50 et 8'00. C'est un tout petit détail, mais il me rend vraiment heureux et me fait dégénérer.
Pour vous faire une idée précise des paysages sonores d'Optokoppler, prenez un tiers de l'album Cosma-NonStop pour l'ambiance sombre et émotionnelle, un tiers de Blue Vortex pour leur ligne de basse et leurs harmonies matinales, puis ajoutez une touche néo-goa aux mélodies, sans oublier une touche de leurs propres sonorités spatiales et de leur énergie joyeuse.
Si ces derniers temps, vos goûts se sont éloignés des productions classiques, l'écoute de l'album d'Optokoppler, Replugged, pourrait vous réconcilier avec ce style.
J'apprécie tout l'album, sauf le septième, un peu moins à cause de l'influence trance club de la partie finale.
Points culminants de l'album : 4, 5, 8