Rien
7.4
Rien

Album de Noël Akchoté (2000)

Noël Akchoté – Rien – (2000)


Noël Akchoté toujours sur le label « Winter & Winter », mais avec un album plus ancien. Il est accompagné par Erik Minkkinen à l’ordi et aux bidouilles, ainsi que par Andrew Sharpley à l’échantillonneur et aux platines.


La guitare rencontre l’électro sur ce « rien » qui se dessine comme un voyage, si on en croit les notes de pochettes, qui précisent également « à la façon d’un road-movie autant que d’une bande-son ». Les intentions sont utilement précisées, car, parfois, la guitare s’estompe plus que nous l’aurions souhaité…


La règle qui s’applique aux trois est celle de l’improvisation électro acoustique, bien que chacun ait apporté ses munitions, certaines pièces sont improvisées collectivement, d’autres obéissent à quelques règles ou schémas proposés par l’un ou l’autre.


Peu de rythmes sont proposés sinon sous la forme répétitive d’échantillonnages, ou de « grrr » en provenance de la platine. On pourrait évoquer une musique de nuit, avec des machines dont le bruit de fonctionnement occuperait l’espace sonore, de façon prolongée, et tisserait une tapisserie qui pourvoirait à un habillage commun, sur lequel se posent des motifs plus courts, abstraits, peu évocateurs, anonymes, stigmates laissés par des machines non identifiées…


Les titres sont des verbes d’action qui évoquent un geste précis, « gifle », « pleure », « crache », « mords », « jette », « cesse », « coupe » … Ils restent pourtant une énigme pour moi, l’ambient qui prédomine ne laisse pas trop de place au geste et au mouvement.


Ainsi le travail sonore est ici, souvent, très mystérieux, voire peu audible, trop se passe dans le faible et le lointain, à vouloir être trop subtile on en devient invisible, d’où peut-être l’idée de ce « rien », de ce voyage de peu, qui se fait avec une gomme dans la main…


Ainsi « parle » se termine-t-il dans le silence, même si ce « rien » est tout de même un petit quelque chose… C’est que l’affaire n’est pas simple et s’étale sur une heure et sept minutes de peu, heureusement la dernière pièce, « pousse », où Noël prend la main, est fort jolie…

xeres
8
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le 29 avr. 2026

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