Fire! Orchestra – Ritual – (2016)
Je remonte le temps avec cet excellent ensemble européen, à majorité scandinave et principalement suédois. Voici « Ritual » encore une étape grandiose pour cet ensemble magique, ici réduit à seulement vingt et un membres. L’enregistrement a été effectué en deux jours en décembre deux mille quinze à Stockholm.
On retrouve les personnalités fondatrices du grand orchestre avec Mats Gustafsson aux saxo baryton, au sax à coulisse et surtout à la direction, Johan Berthling à la basse électrique et Andreas Werliin à la batterie, auxquels s’ajoutent quelques anciens comme les chanteuses Sofia Jernberg et Mariam Wallentin, personnalités indispensables au son d’ensemble, car ici on navigue entre jazz, free et rock, avec sur cet album une couleur plutôt soul, emplie de bon groove, mais il y a également un volet prog bien ficelé.
Subsiste encore l’élément expérimental et free, très débridé qui ouvre des portes à l’inattendu et à l’improvisé, de l’électro avec Andréas Berthling qui apporte une savante dissidence. Il y a également deux personnalités du jazz scandinaves plutôt célèbres également, Mette Rasmussen au sax alto et Anna Högberg à l’alto également, mais aussi au baryton. En outre, il y a une section de cuivres assez complète, une autre de anches, des guitares, dont celle de Julien Desprez, et des claviers, le son est énorme.
La pièce « Ritual » dure cinquante-deux minutes, elle se partage en cinq parties numérotées. La une, la deux et la quatre sont plutôt vives et enlevées, à tendance majoritairement rock, les deux autres, trois et cinq, sont plus lentes, ainsi l’album trouve son équilibre. J’avoue préférer les titres rapides et le final avec la partie cinq, reste donc la partie trois peut-être légèrement en retrait.
Ce qui fonctionne sur chaque album du grand orchestre c’est l’expression d’une incroyable puissance, parfaitement restituée avec les techniques de traitement du son actuel, et dont on profite grandement sin on n’hésite pas à pousser le son. L’énergie est dense et massive, comme un grand coup de vent qui déferle sur vous, puis se disperse en envolées free et anguleuses, vers l’épars et le dispersé, avant de se reformer avec des critères nouveaux.
Cette étape est tout à fait passionnante et renseigne sur l’identité de la formation, même si c’est à rebours, il se confirme que les plus beaux chefs d’œuvre sont encore à venir, bien que cet album soit en tous points passionnant et, pour les fans, indispensable.