Sun Ra And His Arkestra – Rocket Ship Rock (2009)


Retour dans les années 50 (de 55 à 58) pour cette production qui n’est pas sans évoquer la compilation “Medicine For A Nightmare (The Singles)” présentée plus avant. Il y figurait en effet le premier titre présent sur cet album : « Muck Muck » chanté par Yochanan. On trouve ce chanteur sur neuf titres de cet album, tous issus de 45 tours enregistrés à l’époque en pleine vogue d’un genre appelé le doo-wop, il s’agit de rhytm’n blues, ici limite Rock’n roll, dont l’interprétation faisait place aux onomatopées (d’où le nom de doo-wop). C’est en effet plus spécifiquement le chant qui caractérise ce style vocal, souvent interprété par plusieurs chanteurs aux voix complémentaires (Golden Gate Quartet, les Platters). Avec Yochanan et Sun Ra l’interprétation est carrément déjantée et exubérante elle nous fait penser à ce que faisait par exemple Screaming Jay Hawkins. En effet, la voix est forte et puissante, très expressive et énergique, elle se marie bien avec le style des morceaux ici présentés, parfois ça évoque même Little Richard dans une certaine démesure…


Muck Muck a failli être un tube, il s’est vendu par centaines, de la main à la main, à la fin des concerts de l’Arkestra, mais il ne restera malgré tout qu’un succès local, en effet, El Saturn records n’a rien d’une major. Hot Skillet Momma a quelque chose d’effrayant, la tension est créé par des paroles suggérant le pire… l’interprétation est théâtrale entrecoupée par un vigoureux hymne rock’n Roll. Le rythme reste trépidant avec Rocket Ship Rock dévolu à la danse, aux déhanchements, tournoiements et autres cabrioles… Is That Me? est plus chaloupé et se balance au son d’un superbe solo de sax en arrière-plan. Titre inédit, tout comme Rocked ship Rock…


Retour aux thèmes de science-fiction avec The Sun Man Speaks et Message To Earthman #1 et #2, Yochanan se fait « extra-terrestre » lors de ces interprétations/déclamations et se transforme en voyageur spatial. A n’en pas douter il le fait par amitié pour Sun Ra, gaffe à ne pas se brûler les ailes…


La suite des interprétations laisse la place à d’autres chanteurs/interprètes. Little Mack se livre à fond dans un solide mambo : Tell Her To Come On Home, vraiment sans faille. Retour de Batman avec deux vocalistes différents, Lacy Gibson et Ebah. La première interprétation fait immanquablement penser à James Brown, voix soul et arrangements idoines. La qualité de la seconde est hélas tempérée par quelques faiblesses techniques au niveau de la prise de son, assez rédhibitoires, hélas. La dernière pièce, sorte de montage radiophonique a carrément des accents psyché avant l’heure, un peu twist, un peu rock, les années soixante frappent à la porte…


Quelque part entre l’anecdotique et l’essentiel, un grain.

xeres
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le 25 juin 2026

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