Découvrir - même tardivement - un nouveau groupe, ou mieux encore, une nouvelle musique, dont on sent immédiatement qu'elle va compter dans notre vie, est l'un des plus grands plaisirs de notre existence de passionné de musique : Shearwater, et ce "Rook", disque aussi surprenant au premier abord (voix étrange, paysages brumeux parfois secoués d'élans lyriques un peu primitifs) que rapidement séduisant, fera donc partie de mes "coups de foudre" de 2010. Parce qu'il refuse visiblement de jouer le jeu "moderne" de la musique et préfère inscrire son travail dans la durée (de l'album, mais aussi d'un album à l'autre) et dans une certaine contemplation de la nature (sa passion pour les oiseaux, avec cette photo stupéfiante sur la pochette), Jonathan Meier inscrit son travail dans la ligne de musiciens des années 70, mais ne tombe jamais dans l'affreuse grandiloquence du "prog-rock" ni dans la complexité technique où s'enlisèrent nombre d'artistes. Oui, "Rook" est un disque limpide, qui coule de source, et semble régénérer une fois de plus notre amour de la Musique.
[Critique écrite en 2010]