Desolation Glory

Avis sur Simulation Theory

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Je n'aurais jamais pensé prendre le clavier un jour pour parler enfin d'un de mes groupes préférés de façon négative. Il faut croire que je n'ai pas le choix aujourd'hui.

MUSE et moi, c'est une grande histoire d'amour qui dure depuis 12 ans, même si j'ai connu le groupe lors d'Absolution dont je ne garde que de très vagues souvenirs de cette époque. Lorsque j'ai vu MUSE pour la première fois le 1 er juillet 2006 au Main Square Festival à Arras, cela a été pour moi le coup de foudre, la révélation. C'est décidé : je voulais vivre de concerts. Je voulais revivre ce genre de moment. C'était nouveau pour moi (j'avais 16 ans à l'époque), c'était puissant, c'était complètement incroyable. Ce sentiment de communion avec la foule et le groupe, les pogos, l'éclate totale. Une vraie claque.

Au total, je les ai vu 10 fois en 10 ans. Et aujourd'hui je ne sais pas s'il y en aura une prochaine...

Au fur et à mesure des morceaux dévoilés, je n'avais plus grand espoir d'être positivement surprise. Et à l'écoute finale de ce nouvel album, il y a une question que je me pose : comment en est-on arrivé là ?

J'ai pas envie de passer pour la fan frustrée du style "c'était mieux avant", mais là quand même ... Je peux parfaitement concevoir qu'un groupe souhaite évoluer et amorcer d'autres choses (d'autant que j'adore l'électro et particulièrement la synthwave, sans compter les films ou séries qui ont été pris en référence pour la conception de cet album) mais même dans ce contexte, pour moi y'a pas grand chose à sauver...

Si vous aimez plus que tout Showbiz, OOS, Absolution et BH&R, vous ne pouvez pas apprécier celui-ci. Ce n'est pas possible, je ne vous crois pas. Ou alors vous avez de la merde dans les oreilles, je ne peux pas concevoir les choses autrement.

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour que MUSE se soit perdu à ce point aujourd'hui. C'est quand même quasi un virage à 360° ce qu'ils viennent de nous pondre ! En tout cas j'ai l'impression qu'à partir de Resistance, il y a eu un avant et un après. Ce moment où le groupe a commencé à remplir les stades, à passer régulièrement à la radio, à la télé, à avoir la folie des grandeurs, pour en arriver à perdre son essence et son âme ? Et pourtant Drones m'avait redonné espoir après le décevant T2L. Tout n'était pas parfait, mais il y avait quelques très bons morceaux, dignes de la grande époque ! (je pense à Reapers notamment) Mais là je dois avouer que je n'ai vibré sur rien, je n'ai pas retrouvé la magie qui fait que je suis fan de ce groupe... C'est devenu totalement hyper-formaté, insipide, au détriment de la qualité et de l'inspiration.

Pourtant Simulation Theory débute sur Algorithm, qui est sans aucun doute la chanson que j'ai le plus appréciée, parfaite pour ouvrir un album je trouve. Selon moi c'est celle qui colle le plus à l'ADN du groupe, celle qui sonne le plus "MUSE". On retrouve ce côté onirique et mystérieux qui pour moi a toujours emprunt sur l'ambiance de leur musique, avec ces quelques notes de piano qui rappellent la gloire d'antan comme Bliss ou Butterflies and Hurricanes, les violons qu'on pouvait entendre sur Exogenesis, ou encore ce son lourd et pesant mais tout en progression vers le climax, qui pourrait nous faire penser à Take a Bow. Comme j'ai pu lire ici et là, ce morceau aurait eu parfaitement sa place sur une bande originale de film comme Tron, ou dans une moindre mesure, Blade Runner. (7/10)

On enchaine ensuite avec The Dark Side, pour moi le "tube" de cet album, celle que je retiendrai le plus facilement sans doute, la deuxième "bonne chanson" de cet opus. La façon de chanter de Matthew sur les couplets m'ont beaucoup fait penser à Micro Cuts bizarrement, avec sa particularité de monter dans les aigus. Mais le refrain est tellement décevant ... Peu inspiré, j'ai trouvé les paroles vraiment pauvres. C'est très dommage, car dans l'ensemble ce n'est pas une mauvaise chanson. Par contre la version alternative est vraiment très jolie . Avec le piano, clairement je retrouve le MUSE que j’aime ! (6/10)

Pour moi ces deux premières chansons annonçaient vraiment la couleur de l'album, et du renouveau du groupe avec ces sonorités électro, fortement empruntées à la synthwave. Y'a des chances que ça rende pas mal en live. Mais je ne sais pas, il manque quand même quelque chose pour m'emporter vraiment, il n'y a plus cette magie que je ressentais auparavant. Et je pense que c'était vraiment une erreur de nous faire découvrir autant de morceaux avant la sortie officielle, de façon aussi décousue. ça manque un peu d'inspiration, le groupe prend ce qui se fait déjà, n'invente rien de nouveau finalement...

Bref, tout ça c'était avant la descente aux Enfers ...

Pressure est sans nul doute celle qui sonne le plus rock. C'est rigolo (ou triste, c'est selon) de dire ça sur une seule chanson, alors qu'à la base MUSE c'est un groupe de rock alternatif quand même ... Certes elle a un petit côté très catchy, surtout sur le pont (entre le couplet et le refrain) où la basse est bien présente (putain Chris n'est pas mort, me voilà rassurée). Mais alors le refrain ... C'est vraiment d'une nullité ! Avec ces choeurs en fond ... C'est lisse, c'est formaté, c'est bien pour les radios et les groupies de 14 ans quoi ... (5/10)

Pro-pro-pro-pro-paganda est ... comment dire ... Je sais pas, c'est comme si Prince s'était mis à faire du métal. Mais forcément ça ressemble à rien. Nan mais vraiment, peut-on vraiment parler d'un refrain ? C'est juste de la bouillie auditive, ça gâche complétement la chanson, qui n'est pas extraordinaire au demeurant, mais ça peut se laisser écouter. (3/10)

On arrive ensuite au pire du pire... Break it to me. Cette merde sans nom. Putain mes oreilles saignent, sauvez-moi s'il vous plait ! MUSE qui se met à faire du hip-hop ahahah ! Je vais aller vomir de ce pas, je reviens ... Nan mais sérieusement, y'a vraiment des gens qui aiment ce morceau ? (1/10)

Something Human est une chanson mignone. Voilà, que dire d'autre... C'est pas désagréable à écouter, c'est une ballade quoi. Mais rien de bien fou-fou et très vite oubliable. (5/10)

En ce qui concerne Thought Contagion, facile à retenir celle-là, je dirais que c'est le deuxième "tube" de cet album. Mais j'arrive pas à l'aimer vraiment. C'est pas à chier, mais pas transcendant, clairement on s'en lasse vite finalement. De manière générale on s'éloigne quand même beaucoup de ce que MUSE faisait avant, et puis foutre des choeurs partout, j'en peux plus ... (5/10)

Get up and Fight, parlons-en ... Je pense que celle-ci doit vraiment rester dans les limbes de l'oubli, au même titre que Break it to me ou Dig Down (j'en parlerai ensuite). De la pop-rock de merde, rien de plus. J'arrive pas à croire que c'est le même groupe qui ait composé Citizen Erased ou Sing For Absolution et qui ait réussi à nous pondre cette belle daube aseptisée digne d'un boys band pour adolescentes pré-pubères. Et c'est pas les trois notes de piano qu'on entend vite fait qui feront gagner des points. Tu ne m'auras pas Bellamy. (1/10)

Plus que 3 chansons avant la délivrance ...

Blockades débute sur un riff au synthé, on est clairement dans l'ambiance annoncée de l'album une fois de plus, pourquoi pas j'ai envie de dire. J'aime beaucoup la batterie, ça me rappelle Map of the Problematique (une de mes chansons préférées), voire Knights of Cydonia sur la fin du morceau, y' un petit côté épique. Encore une fois c'est pas mauvais, mais ça ne m'emporte pas, je n'arrive pas éprouver un énorme plaisir à l'écouter. Je pense qu'il me faudra plusieurs écoutes pour celle-ci, y'a peut-être moyen que je la kiffe un peu (6/10).

On arrive donc à Dig Down. Le premier extrait dévoilé de Simulation Theory. La douche froide. Je l'ai trouvé tellement à chier que c'est seulement la deuxième fois que je l'écoute, et je ne la réécouterai plus jamais. Y'a rien, c'est mou, c'est lisse, c'est plat, le refrain est d'une nullité sans nom. Pourquoi, mais pourquoi ?? J'ai pas osé voir ce que ça donnait en live, mais j'ose imaginer qu'on doit bien s'emmerder ... (1/10)

Et enfin l'écoute se termine par The Void. Je dirais que cette chanson est pas mal, elle aurait pu aussi faire office d'ouverture, en tout cas j'aime beaucoup les sonorités électro encore une fois, on retrouve pas mal d'influences empruntées à la synthwave et années 80 (l'opening de Stranger Things était clairement une source d'inspiration). J'arrive à retrouver ce qui faisait l'essence de MUSE mais avec le renouveau qu'ils ont voulu apporter, mais clairement il manque à climax à cette chanson. Elle aurait pu nous emporter encore beaucoup plus loin, plus intensément. On a l'impression que ça va décoller à un moment donné, que ça va exploser dans tous les sens avec des envolées lyriques, et pouf, ça retombe. Du coup c'est franchement frustrant et dommage. (6/10)

Sans conteste, Simulation Theory est selon moi le plus mauvais album du groupe à ce jour. Et je pense qu'il marque une rupture. Je ne parlerai pas de divorce, mais clairement ce ne sera plus comme avant. Je n'ai même pas envie de participer à la tournée. Et pourtant moi qui adore les voir sur scène, payer 100 balles pour écouter un album que je n'ai pas aimé et quelques rares anciennes chansons que j'ai déjà vu 10 fois en live, c'est au dessus de mes forces. Je ne me reconnais pas non plus dans leur public et cette nouvelle génération de fans. Je passe mon chemin pour cette fois.

Et puis je ne me remets toujours pas d'avoir loupé la Cigale en février dernier qui aurait dû être le concert de ma vie...

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