No Safety – Spill – (1992)
Bien que cet album soit gentiment barré, certains pourraient contester de le trouver dans cet espace consacré au jazz, pourtant je l’y place pour une raison bien personnelle, elle s’appelle Chris Cochrane, le guitariste qui, ici, joue en plus des guitares, des samplers, et chante un peu plus que les autres. En quatre-vingt-quinze il sortira l’album « Bath » que j’aime décidément beaucoup, sur le label Tzadik.
Alors ici on pensera sans doute à « Père Ubu » ou à un rock prog décalé, mais il y a également toutes ces impros, et l’invité du jour, David Shea aux platines et aux échantillonneurs qui me font pencher de ce côté…
Mais celle qui lead ici, en fait, c’est la harpiste Zeena Parkins avec sa harpe électrique, ses claviers et même son accordéon, et comme elle chante également, ça sent la fête ici !
Il y a également la bassiste électrique Ann Rupel, le batteur-percussionniste Tim Spelios et Doug Seidel lui aussi aux guitares. Il y a ce côté rock évidemment, par le format des pièces, souvent courtes et jamais longues, il s’en tient seize, c’est dire !
Alors c’est foutraque, anguleux, difficilement en équilibre, nerveux et plein d’idées de toutes sortes qui fusent continuellement, comme une sorte de geyser inextinguible, il est très difficile de faire le tri ou le choix dans cette machine toujours en ébullition qui se déverse continuellement…
Il y a de la boulimie dans ce maelström, des mélodies, des cassures, des angles à quatre-vingt-dix et des retours en arrière, on ne sait parfois où donner de la tête, bien que nous ne soyons jamais perdus, car les fantômes du rock sont là, et nous assurent des points de repères inusables et efficaces.
Un bel album iconoclaste et différent, de ceux qui laissent une trace, de « l’avant-rock » bien sympa.