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Timide retour aux affaires du Babtou

Avis sur Sur le fil du rasoir

Avatar Strykost
Critique publiée par le

Sept années après Crise de conscience, Kool Shen quitte une nouvelle fois les tables de Poker pour revenir, le temps d’un projet, dans les studios enregistrer son troisième album solo. Nul besoin d’épiloguer sur le CV du bonhomme si ce n’est de préciser que, malgré le poids de l’âge (le demi-siècle quand même !), le Babtou n’a perdu ni sa rime aiguisée, ni son flow léché.

De manière très classique et comme un écho aux albums précédents, Sur le fil du rasoir s’ouvre sur un titre aux résonances « ego trip » à l’occasion duquel la face sombre de NTM expose les motivations de son retour aux affaires. Pas une question de fric nous dit-il, ni une volonté de casser du MC en s’autoproclamant King du « rap game » comme il est courant de le faire ces temps-ci. Non, le rappeur de Saint-Denis sort une fois de plus de sa retraite musicale pour le kiff et par la même pour faire kiffer les nostalgiques.

Mais en 7 ans, la scène rap a bien changé. De nouvelles figures ont vu le jour et la planète rap est envahie par la trap et l’autotune, marginalisant les artistes aux textes travaillés et au flow assassin. Face à ce bouleversement, Kool Shen ne fait pas fi de la tendance et s’offre des titres aux sonorités résolument trap. Contraint d’adapter son flow en conséquence, il n’abandonne toutefois pas son identité en pondant des couplets soignés sur le thème de l’incertitude du lendemain.

La thématique abordée dans le titre éponyme jalonne ainsi l’ensemble de l’oeuvre, que ce soit le morceau Edgar, qui retrace la descente aux enfers d’un ouvrier, ou encore Over qui évoque l’issue incertaine des relations conjugales. Le propos n’est donc pas révolutionnaire mais la plume de Kool Shen, toujours affûtée, suscite l’intérêt.

Épaulé par Jeff le Nerf pour sortir ce projet, la moitié de NTM collabore avec ce dernier sur un morceau sombre, mais signe aussi un featuring remarqué avec un autre lyriciste confirmé dans Classic.

Au final, si on met de côté l’affreuse collaboration avec Soprano (certainement là pour espérer un minimum de visibilité), Kool Shen accouche d’un 3e album solo, certes classique et sans réelle prise de risque, mais solide et maîtrisé de bout en bout. Surtout, il conclut une oeuvre résolument sombre par une note d’espoir, sur une production made in Mani Deïz, dans son titre phare Debout. Un régal !

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