Weather Report – Tale Spinnin' – (1975)
La valse des batteurs continue, une impressionnante galerie de phénomènes s’affiche en effet depuis la création du groupe, tous bons et même plus, et celui-ci s’inscrit dans la lignée, c’est Leon Ndugu Chancler qui régale ici. Un nouveau percussionniste, Alyrio Lima s’installe également à la rythmique.
Zawinul compose quatre des six pièces et Shorter les deux autres. Quand on regarde dans le rétro on peut mesurer la force de l’évolution de cette musique, mais on reste malgré tout encore du bon côté, avec cet album qui semble pourtant se configurer dans le son de l’époque, et s’inscrire dans un formatage relativement consensuel.
L’originalité réside dans cette absence de guitare et la mise en avant de Wayne Shorter qui apporte à lui seul beaucoup d’originalité. Il faut également le souligner, Weather Report a pas mal apporté au son d’alors, écouté par les fans et les autres musiciens à l’affût. Ce que l’on peut affirmer c’est que ça tient toujours la route, encore aujourd’hui…
S’il fallait décrire ce que l’on entend ici, il faudrait déjà signaler une certaine continuité avec le précédent « Mysterious Traveller », en accentuant encore le trait côté « funk ». Il faudrait également ajouter une influence latine qui se perçoit dans la plupart des pièces, mais pas toutes. Cette évolution tient pour beaucoup dans le changement de rythmique, mais on reste encore bien loin de Santana. On pourrait également souligner un renforcement des synthés qui se mettent encore plus à l’avant, bien que leur présence s’impose depuis le tout début.
C’est peut-être le titre « Badia », signé par l’incontournable Zawinul, en début de face deux, qui pourrait à lui seul résumer tout ça, avec sa beauté simple et son groove imperturbable. « The Old Man in Green's » est également pas mal, en ouverture de cet album, définitivement léger et consensuel, mais pas trop racoleur, Wayne Shorter est l’arme secrète qui veille, quoi qu’il en soit…