Peter Brötzmann, Joe McPhee, Kent Kessler, Michael Zerang – Tales Out Of Time - (2004)


Il fait plaisir cet album, un peu surprenant car situé dans un créneau un peu inhabituel pour Brötzmann. Il joue des saxos alto et ténor, Joe McPhee joue également du sax ténor mais aussi de la trompette et du cornet, Kent Kessler est à la contrebasse et Michael Zerang à la batterie et aux percussions. L’album a été enregistré en juin deux mille deux au « AirWave Studios » de Chicago.


Un peu surprenant l’opus, car ici c’est plutôt une affaire de ballades, de morceaux tendres ou aérés, avec du lyrisme. Les pièces sont inhabituellement courtes, resserrées, souvent écrites ou du moins schématisées avec une grille prévue à l’avance, sur laquelle se développent les impros.


Onze pièces et plus de soixante-huit minutes au compteur, Michael Zerang en a écrit une, Brötz trois, Joe McPhee six, c’est lui le plus prolixe de l’album, d’ailleurs il apporte énormément ici. Un peu comme chacun bien sûr, mais il est lumineux sur cet enregistrement, véritable alter égo de Brötzmann, d’ailleurs ils se rencontrent épisodiquement depuis vingt ans au moment de cette nouvelle rencontre, sans compter que tout ce petit monde joue avec le « Peter Brötzmann Chicago Tentet », dont on a un peu parlé.


Des fois qu’il y en ait qui fassent les comptes, la pièce manquante c’est un traditionnel, « Blessed Assurance », magnifique version par ailleurs. Il est vrai que l’on est un peu surpris, pas de périples solitaires monstrueux et énergivores, pas d’envolées tonitruantes et d’explosions free, enfin très peu, ça monte un peu sur « Do you still love me/ Did I ever ? » qui est magnifique.


Cette tempérance fait qu’on oublie, un peu, que Brötz est là, il ne vampirise pas tout, à plusieurs moments c’est l’unité « groupe » qui s’impose même et qu’on entend, à la façon d’un vieux quartet qui aurait bourlingué ensemble depuis des années et qui se devine l’un, l’autre, anticipant ce que fera le partenaire.


Il faut dire que McPhee ouvre bien les possibles, il n’a pas son pareil pour créer des espaces et s’y engouffrer, il possède une science unique et un génie particulier, on n’en parle peu mais on le situe là-haut, à côté d’un gars comme Braxton, un peu au-dessus de la mêlée, on ne les oublie pas même si on en parle trop peu… Ecoutez-le sur « Pieces Of Red, green And Blue », bref et intense !


Certainement un bel album qui ne saurait décevoir !

xeres
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le 2 mai 2025

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