Lage Lund With Sullivan Fortner, Larry Grenadier & Tyshawn Sorey ‎– Terrible Animals


Voici « Terrible Animals » un album du norvégien Lage Lund, guitariste de son état. C’est un album que je dois à Jazz Mag qui l’a chroniqué ce mois-ci, j’aime la guitare jazz et bien m’en a pris, car l’album vaut grandement le détour. Méfiez-vous de la pochette et de ses petits airs rétro, elle est trompeuse et me présume pas du contenu.


L’album est assez récent en fait, bien qu’enregistré en avril 2018, il lui a fallu un peu de temps pour arriver en nos contrées. C’est un quartet que l’on entend ici, Sullivan Fortner est au piano, Larry Grenadier à la basse et Tyshawn Sorey à la batterie. C’est du solide, je connais Larry Grenadier pour l’avoir pas mal écouté, les deux autres sont tout aussi fameux, Tyshawn Sorrey est très volubile, d’une précision redoutable et ne joue pas trop des silences, c’est une sorte de chevalier de l’assurance tous risques.


C’est du velours pour Lage Lund qui joue également des effets, bien porté par Sullivan Fortner au jeu très post bop à tendance aventureuse, un as du répertoire « classique jazz » qui ne s’économise pas non plus. Lage Lund n’a plus qu’à s’envoler vers les sphères, on pense à Pat Metheny, mais aussi à Bill Frisell et surtout à Mary Halvorson.


Vous aurez le temps de vous poser pour vous faire votre idée, l’album dépasse les soixante-sept minutes, et, s’il est vrai que l’ensemble du répertoire signé Lund constitue un ensemble reconnaissable, chaque titre est particulier, avec son atmosphère, ses solos des uns et des autres, et permet au guitariste d’ouvrir largement ses ailes pour nous éblouir et nous surprendre à chaque fois, quel que soit le tempo.


Des contrastes aussi, bien qu’ici on n’ait rien contre les belles mélodies et les accords qui s’enchaînent bien, mais parfois des « effets » un peu surprenants, tendance noise, oui, oui. Quelques dissonances également qui surprennent, des bruits de fond également, c’est pourquoi la référence à Mary Halvorson n’est pas usurpée, puisque son nom évoque la modernité jazz, cadre qui convient assez bien au norvégien.


Un chouette album qui mérite votre écoute.

xeres
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le 24 août 2025

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