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le 13 juin 2019
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1er single à 18 ans je crois... Et là elle a juste 20 ans ! Bref du très bon... Peut-être la voix qui n'explose pas assez (le pourquoi de la note 8)... et encore... juste un truc subjectif ! Sinon...
Guitariste et chanteuse, Ally Venable sort déjà son troisième album à tout juste vingt ans. Autant dire que la valeur n’attend pas le poids des années avec elle. Car à l’écoute des onze titres qui composent cet excellent Texas Honey, on peut se rendre compte que la jeune femme maîtrise à la fois la guitare et le chant. Son blues rock, plus proche du british blues que du delta blues, puise dans les grands classiques de cette musique pour nous livrer une musique intemporelle et pourtant parfaitement inscrite dans notre époque. Sous forme de power trio, elle met en place un blues alerte, puissant, mélodique, pulsé par une guitare à la fois technique et gorgée de feeling, que soutient une section rythmique en béton et qu’éclaire une voix affirmée.
Démarrant par un « Nowhere To Hide » bourré de groove, cet album donne immédiatement la pêche, entraînant l’auditeur à taper du pied et à secouer la tête. Les riffs sont sautillants et le solo plein de finesse. L’intérêt ne faiblit pas avec l’excellent « Broken », au superbe refrain et au riff entêtant. On touche au sublime dans la manière qu’a cette musicienne de jouer avec les intensités pour nous déposer ensuite un solo savamment dosé. L’ombre de Stevie Ray Vaughan plane sur certaines de ses parties, ce qui n’est pas étonnant puisqu’elle reprend « Love Struck Baby » avec une réelle maestria, en s’appropriant ce morceau pour en livrer une version toute personnelle. Ce rock qui puise aux racines du genre convient parfaitement au jeu d’Ally. Plus épais et plus sombre, « White Flag » flirte avec le hard rock grâce à un chant agressif, des guitares saturées, ainsi qu’une maîtrise des intensités. Ce désir de jouer avec les nerfs de ses fans est évident sur le lourd « Come And Take It » que vient animer Eric Gales, à la voix comme à la guitare. L’alliance de ces deux musiciens crée une magie qui transporte ce morceau vers les sommets.
Plus proche du southern rock, avec des touches dignes de Creedence Clearwater Revival, « Running After You » propose une composition mélodique, éclairée par la voix d’Ally et un refrain mélodique qui donne envie de chanter avec elle. Ce côté plus léger se retrouve sur le beau « One Sided Misunderstanding », aux nombreux changements de rythmes et d’intensité, qui permet aux riffs distordus d’être traversés par des arrangements plus clairs. Mike Zito vient y poser une jolie slide, tandis qu’un solo planant, aux ambiances psychédéliques, rappelle Jimi Hendrix. Aux confins des années 1970, « Long Way Home » s’appuie sur un douze mesures classiques, que ne renierait pas Joe Bonamassa, pour nous entraîner dans un boogie rock plein de nostalgie, un peu plus léger que le génial « Texas Honey », sur lequel Ally Venable montre aussi un talent certain pour l’écriture et la composition. Les riffs sont complexes, le chant est bien en place, et le solo est d’une pure beauté. Il est aisé de se laisser transporter par ce futur classique du blues rock.
Ally Venable est aussi capable d’alléger son propos en proposant une belle reprise du « Careless Love », un classique chanté notamment par Ray Charles, Bessie Smith, Fats Domino voire Johnny Cash, ainsi qu’un blues lent, avec le poignant « Blind To Bad Love » qui me rappelle l’excellent et éphémère groupe Jumpin’ the Gun, auteur d’un fabuleux Shades Of Blue en 1993. Porté par une section rythmique de qualité et une production fine et dynamique, Texas Honey sait varier les plaisirs pour le plus grand bien de nos oreilles.
En onze titres, Ally Venable nous propose un album majeur de cette année 2019 et s’inscrit déjà comme une valeur sûre du blues.
Créée
le 14 août 2020
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8
le 13 juin 2019
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