Si la plupart connaissent sûrement le travail de Robert Miles pour son tube plutôt kitsch "Children" sorti en 1995, participant ainsi à fonder le sous-genre "dream-transe", c'est vers une toute autre direction que s'oriente le DJ italo-suisse à partir des années 2000. Suite à sa rencontre avec le jazz et notamment avec Trilog Gurtu, il inclue alors dans ses nouvelles productions des éléments résolument jazzistiques et progressifs.
Son dernier album, avant sa disparition en 2017, lui ouvre la voie vers de nouvelles perspectives musicales. S'entourant de musiciens d'exception tel que le leader de King Crimson Robert Fripp, Robert Miles accouche ici d'une oeuvre mature, à la fois exigeante techniquement, expérimentale et pourtant cohérente dans son ensemble : naviguant entre des ambiances aquatiques (ou célestes selon le ressenti) sereines soutenues par des nappes claires de clavier, et des phases bien plus sombres et rock, parfois étouffantes, provoquées par la guitare électrique et la contrebasse, l'album s'apprécie dans son ensemble comme un flux constant de sensations hétérogènes qui composeront progressivement une expérience musicale singulière où la zone de confort n'existe qu'à de rares moments, nous permettant ainsi de reprendre notre respiration avant la prochaine submersion.