Eric Le Lann, Paul Lay – Thanks A Million – (2018)
Eric est trompettiste et Paul pianiste, les deux jouaient ensemble dans un quartet, et voilà que le sort s’en mêla. En effet une opportunité se fit d’aller jouer quatre concerts au Maroc, ce qui ne se refuse pas, car il faut bien vivre. Mais voilà, l’invitation n’est que pour deux musiciens, et c’est ainsi que Eric et Paul s’habituèrent à jouer en duo…
Mais il fallait également un répertoire, un fil conducteur, voilà pourquoi ils souhaitèrent, ensemble, interpréter une série de thèmes autour du plus grand et du plus « historique » instrumentiste des débuts de l’ère du jazz, Louis Armstrong lui-même. Il est bien connu que « Satchmo » n’était pas un immense compositeur, mais, par contre, un interprète extraordinaire, hors pair, que l’on a toujours plaisir à écouter, pour ce qui me concerne, cela va de soi …
C’est ainsi que se monta ce répertoire, riche de toutes ces pièces, souvent ancrées dans les années trente, qui sont restées immortelles et continuent, dans le souffle d’Eric et sous les doigts de Paul, à nous émouvoir encore aujourd’hui.
« Dinah », « Mack The Knife », « Tight Like This » ici réinventé, « Jubilee », « Azalea » ou encore « St James Infirmary » qui bouleverse, et ce fameux « Thanks Million » qui donne son titre à l’album, autant de pistes qui prennent à nouveau vie et consistance, elles sont dix au total à se succéder.
Il est également intéressant de noter que les deux interprètes n’appartiennent pas à la même génération, Eric Le Lann, l’ancien, possède déjà une discographie riche d’une vingtaine d’albums avec quelques classiques, comme « New York », « Live In Paris » avec Archie Shepp et le magnifique « I Remember Chet » en forme d'hommage, qui laissa sa marque.
Paul Lay est plus jeune, mais il a grande réputation et tourne beaucoup, il a également accompagné la chanteuse Isabel Sörling et enregistré quelques albums, dont celui-ci qui restera une étape marquante de sa discographie, car on peut le classer sans crainte dans les belles réussites, sans problème il fera bonne figure dans votre cdthèque.
Pour être complet il faut également noter deux pièces particulières, qui ne font pas partie de l’œuvre de Louis Armstrong, « Louison » est en effet une compo d’Eric Le Lann et « Farewell to Louis » est signée par Paul Lay, deux hommages qui ont bien évidemment leur place ici.
Voilà un bel album qui honore le jazz français, en même temps que Satchmo, magnifiquement servi sur cet enregistrement supervisé par Laurent de Wilde, et enregistré en mars deux mille dix-huit dans les studios de Meudon.