Etre fan de death technique, c'est lutter toute sa vie contre les ulcères tant il est incompréhensible de voir des groupes ultra talentueux et inventifs splitter pour manque d'argent ou de reconnaissance. Preuve en est que même un projet comme celui-ci, qui assemble les Avengers du tech death, est complètement inconnu aujourd'hui. Avec Patrick Mamali, hurleur de Pestilence (avant qu'il tourne un peu la carte :/) ; Mike Browning, batteur ET chanteur de Nocturnus + CO-CREATEUR DE MORBID ANGEL ; Daniel Mongrain de Martyr, Voivod et un million d'autres trucs ; Kelly Shaefer, leader d'Atheist, rejoint de son collègue Tony Choy et avec Tymon Kruidenier (ancien de Cynic... comme Choy !) ; et Luc Lemay, tête pensante du à peine culte Gorguts... Non vraiment, avec une telle liste de cv, mon incompréhension est totale.
Bien sûr, Illuminati ne se repose pas que sur ses guests, et The Core développe une ambiance particulièrement oppressante qui lui est propre. On parle de diable, d'entités supérieures qui vous grillent le cerveau et plonge les êtres dans la paranoïa... charmant. Dans la (très) longue lignée des groupes de tech/prog death d'Europe de l'est (Roumanie ici), les influences de Cynic et Atheist ne sont jamais loin (en même temps Sherlock, t'as regardé le line-up ?), ainsi on oscille entre jazz, passages atmosphériques puis quasi thrash avec même un chouia de vocodeur, pour le clin d'œil ! Peut-être est-ce le décalage complet avec son époque qui a plombé le succès du disque. On est en 2013 et pourtant tout sent bon la première vague de techdeath des années 90 (jusqu'à la liste des invités). Ainsi, The Core constitue un vrai hommage à cette période, bien en marge de la déplorable compet de branlette de manche des années 2000, portée par des Necrophagist, Origin ou Spawn of Possession...