Hans Reichel – Bonobo Beach: Some More Guitar Solos – (1981)
Une réédition Cd de ce magnifique album de Hans Reichel est parue en deux mille vingt-deux, réalisée par le label « Corbett vs. Dempsey », limitée à cinq cents exemplaires. On connaît le respect de ce label pour les œuvres et les artistes, le Cd contient de petites attentions très utiles, comme cette sous-pochette protectrice ou cette photo de l’artiste avec au verso des dessins montrant la lutherie du guitariste et son évolution.
Je vous ai déjà présenté deux albums signés par Hans Reichel, « Bonobo » de soixante-seize et « Stop Complaining / Sundown » des duos avec Fred Frith ou Kazuhisa Uchihashi, ces deux belles réussites se voient complétées par ce très bel album, peut-être le plus réussi. Il faut dire que je l’ai pas mal écouté et qu’il revient facilement sur la platine CD.
C’est lié à cette ambiance très tranquille, assez unique, un mélange de virtuosité, de sons diaboliques et surprenants, quelque chose qui tient de l’étrange et de l’envoutant, du genre qui vous scotche lentement… Ces sonorités sont inédites et viennent de nulle part, Hans trafique ses guitares et en sort de sons, des accords, des lignes absolument uniques, indéfinissables et inimitables.
Il bidouille les frettes, les chevalets et d’autres parties qu’il modifie, réarrange, ou supprime. Ce travail sur le son est un préalable à la création, ou sa première étape. Son ambition est de créer l’outil qui lui permettra de jouer la musique qui trotte dans sa tête ou dans son cœur. Il se trouve que cet album est réputé pour être à la fois accessible et populaire.
C’est également un maître guitariste, parfois on a l’impression qu’il joue du « koto » japonais, c’est vraiment inouï. La première édition de l’album est parue sur le label free FMP, ce qui est tout de même logique, car il compose beaucoup, mais improvise également, parfois on le compare même à Derek Bailey.
Pourtant ses thèmes, ses airs qu’il compose, et les évolutions des pièces restent constamment dans ce que j’appelle parfois la coolitude, c’est-à-dire un sentiment confortable ou l’appétit de musique est facilement rassasié, un sentiment de plénitude et de joie un peu ébahie. Ce qui ne veut pas dire que cette musique est facile ou qu’elle cherche à se vendre, c’est au contraire une musique avant tout sincère, même si, peut-être, plaît-elle aux enfants !