Je m’étais promis après l'écoute de « Coda - Orchestra Suites » de faire ce petit retour en arrière vers « The Jazz Composer's Orchestra Update », album que j’avais mis de côté lors de sa sortie dans un petit (tout petit) coin de mon cerveau, en me promettant de me le procurer pour, en fait, finalement l’oublier, voilà c’est réparé.


C’est bien une « mise à jour » de l’extraordinaire « The Jazz Composer's Orchestra » sorti en 1968 dont il est ici question, ce dernier est tout simplement un totem du free-jazz et des musiques improvisées. Avec un tel miroir, le challenge est immense pour Michael Mantler, pourtant, en choisissant une voie médiane, non pas une nouvelle interprétation mais une réécriture du projet initial, il s’élève à une œuvre différente et réussit parfaitement l’exercice.


Il s’appuie sur le guitariste Bjarne Roupe, extraordinaire dans ses solos sur « Update Eleven », « Update Twelve pt 1 » et « Update Twelve pt 2 ». On se souvient que Bjarne sera de la partie sur « Coda – Orchestra Suites » paru il y a peu. D’autres musiciens remarquables encore, le pianiste David Helbock, le saxophoniste ténor Harry Sokal magnifique lors des solos, il faut également ne pas oublier le saxophoniste alto Wolfgang Puschnig ainsi que Michael Mantler lui-même, époustouflant à la trompette.


Mais l’essentiel du son présenté ici, l’est par le « Nouvelle Cuisine Big Band » dont sont extraits ces solistes, hormis Mantler et Roupé qui ont un statut à part. Il y a donc une vingtaine de musiciens qui forment: une section de anches, ils sont sept, une section de cuivres, ils sont sept également, un pianiste, trois bassistes, on se souvient qu’ils étaient dix sur l’album de soixante-huit, il y a également un batteur, Lukas Knöfler et le big band est dirigé par Christoph Cech. Pour être complet il faut également ajouter les quatre membres du « radio.string.quartet.vienna » un quartet à cordes.


Tous les titres exécutés ont un nom qui commence par « Update » suivi d’un chiffre, par exemple l’album s’ouvre avec « Update One » et se poursuit avec « Update Eight », la progression numérique n’est pas respectée. Globalement c’est magnifique, malgré tout éloigné de l’album de 1968, pour des raisons évidentes que je n’énumère pas ici.


Mais c’est très beau, certaines pièces sont faciles à identifier si on se réfère à l’édition originale, d’autres plus difficilement et d’autres encore paraissent neuves à mes oreilles, il faudrait une écoute comparative pour mettre un peu d’ordre, mais je n’en ai pas le temps et surtout je n’en vois pas trop l’intérêt car l’album se suffit largement à lui-même. Il est possible que la réponse figure dans les notes de pochette, mais là encore je ne maîtrise pas et le livret est copieux.


Je recommande l'écoute de cet album et de ce musicien, Mike Mantler suit une trajectoire assez unique et remarquable, et, bien qu'il fasse l'admiration de beaucoup, sans doute demeure-t-il encore sous-estimé.

xeres
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le 4 janv. 2026

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