Paul Lytton ˄ Nate Wooley + Ikue Mori & Ken Vandermark – The Nows – (2012)


Un chouette double Cd bien free qui se déguste en plusieurs menus, au total il contient une heure cinquante de musique, ce qui est bien copieux. L’idée c’est d’entendre un duo formé par Paul Lytton aux percussions et Nate Wooley à la trompette avec effets, lors de deux concerts différents.


Le premier s’est déroulé au club « The Stone » de new York le deux mars deux mille onze, trois pièces sont jouées, « Free Will, Free Won’t » est la principale, d’une durée de trente-cinq minutes. Puis Ikue Mori, l’invitée du soir, participe aux deux dernières compos avec son ordinateur.


Le second concert est un plus court, on retrouve notre duo sur les deux premières pièces, puis Ken Vandermark s’ajoute avec ses nombreux instruments, clarinette basse, clarinette, saxo ténor et baryton. Ils terminent le concert en trio, pendant les trois dernières pièces. Nous sommes alors au club « The Hideout » de Chicago, le seize mars.


Paul Lytton fait partie de l’école historique free de Londres, il a côtoyé les plus grandes figures du free européennes et mondiales, et s’est illustré sur de très nombreux albums, particulièrement aux côtés d’Evan Parker et de Derek Bailey. L’écouter est une expérience, il est véritablement étonnant, faut-il dire exubérant ? La question pourrait se poser, mais il sait également se montrer parfois discret et sans ostentation, jouant des silences et de la retenue. Ainsi il s’est bâtie une grande réputation auprès de ses collègues, par ailleurs il est également agréable à regarder lors des concerts, toujours juste et souvent spectaculaire.


Nate Wooley est beaucoup plus jeune et appartient à une autre génération, né en soixante-quatorze, il n’a pas trop attendu pour se faire remarquer dans la sphère free, sans doute est-ce lié à sa capacité à modifier considérablement le son de sa trompette, dont il arrive à sortir des sons inédits et surprenants. Il possède, malgré son jeune âge, une discographie déjà considérable. Cet album fait partie de ceux qui lui font honneur.


Les pièces où ils jouent sans invité sont remarquables et passionnantes sur les deux albums, démontrant qu’ils ont quelque chose à nous dire et à faire partager. La pièce d’ouverture au Stone est une véritable démonstration, Nate Wooley tire des sons improbables de son instrument, jouant parfois de façon très organique, ou, à d’autres moments, semblant utiliser la respiration circulaire. Lytton est également expressif, parfois dans le lointain, vigoureux, il semble ne jamais vouloir s’arrêter…


Les deux pièces avec Ikue Mori sont également intéressantes, mais elles ne clarifient en rien la situation, et semblent, au contraire, ajouter à la confusion. Ikue s’insère sans mal dans cette dissertation inouïe et finit par imposer le trilogue sur « Abstractions and Replications ». De même elle offre un dialogue intéressant à la fin de « The Ripple effect » où elle joue avec le percussionniste.


Évidemment le second album est transfiguré par l’arrivée de l’exceptionnel Ken Vandermark, qui signe, le temps de trois pièces, une sorte de retour à une certaine orthodoxie. Paul Lytton s’en donne à cœur joie et s’échappe en un long parcours créatif qui régale. Les amateurs de free peuvent y aller, cet album ne devrait pas les décevoir.

xeres
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le 8 août 2025

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