Nihil Fist...
Je me souviens de la sortie du premier EP sur Praxis, j'avais écouté ça dans les bacs de disque de Toulouse mais je n'avais pas acheté. À l'époque un maxi acheté devait pouvoir être joué par définition et je ne savais clairement pas quoi faire d'un tel materiel.
Nihil Fist c'est un projet de Terror/UltraSpeedCore, à l'écoute ce sont des blasts cadencés autour de 500 BPM (voir plus) agrémentés de samples et bruits en tout genre, le tout passé sous une distortion monumentalement dégueulasse rendant le tout proche d'une sortie noise ou power electronic.
J'ai rarement entendu quelque chose d'aussi sauvage et primaire, les blasts créent des structures plus complexes que ce à quoi on pourrait s'attendre en théorie, des structures mécaniques tout droit sorties des machines industrielles d'une usine métallurgique, des grincements, des couinements des vociférations rauques, puis le blast sans aucune interruption.
De l'ultra violence en barres, chaque piste est un véritable massacre, chaque piste est un crâne fracassé gisant dans sa marre de sang, Nihil Fist est un génocide mental, l'extinction de tout espoir.
Certains "morceaux" contiennent des samples de punk ou de métal pour ouvrir la déferlante qui les rendront inaudibles par la suite tant les blasts occupent la totalité du spectre fréquentiel.
On pourrait ainsi croire que ce n'est qu'un simple défouloir débilisant mais ça serait passer à côté de toute la subtilité du projet : cadencer des pieds de batterie à un rythme aussi élevé permet de les utiliser comme une nappe génératrice de sons, au delà de 3000 BPM il me semble qu'on ne perçoit plus qu'une ligne tel un oscillateur en signal carré, les possibilités offertes dépassent les structures communes ou tendent à s'en rapprocher de manière biaisée voir inattendue.
Nihil Fist ne se limite dés lors pas qu'à un speedcore extrême mais est bel et bien un projet novateur offrant une musique plutôt variée et se renouvelant tout de même quelque peu au fil du temps. C'est bien simple, bien que le style soit plutôt limité je pourrais écouter toute la discographie dans la journée et ne jamais m'ennuyer ni ne trouver de redite, j'arrête l'écoute une fois la tête trop pleine.
Aujourd'hui pratiquement 20 ans après je voudrais tout acheter (comme chaque fois que je me repenche sur le projet), chaque vinyle, même le plus insipide, pour rendre hommage au projet.
Et je commence ce mois ci avec Audio Death, le pressage vinyle du premier release de l'artiste en 1998.
Fort à parier que j'irai au prochain festival pour le voir jouer live étant donné qu'il se produit sur scène assez régulièrement.