Wadada Leo Smith - Trumpet (2021)
Et voici certainement l’une des plus belles sorties de cette année, « Trumpet » de la part de Wadada Leo Smith. Un joli coffret avec, à l’intérieur, trois Cds accompagnés d’un petit livret. Le son des albums a été capté dans l’église Ste Mary à Pohja, une petite ville à l’ouest d’Helsinki, en Finlande. Le bâtiment date du quinzième siècle et l’acoustique s’est avérée exceptionnelle pour restituer le timbre de la trompette de l’homme du Mississippi.
En effet, ce son est d’une pureté cristalline, la trompette est le seul instrument que l’on entende ici, c’est dire si la captation est d’une importance primordiale, à cet égard tout est absolument parfait. Reste à écouter l’artiste s’exprimer. Leo est un habitué de l’exercice, on se souvient de l’extraordinaire « Kabell Years: 1971-1979 » déjà présenté ici. Nous étions montés très haut, force est de constater qu’avec cet album, on ne redescend pas.
Il me semble que c’est une œuvre de l’intime, pour le créateur de toute évidence, mais également pour le récepteur, celui qui reçoit et écoute. Ce n’est pas de ces albums qui donnent peu et n’exigent de votre part qu’une attention furtive ou parcellaire, si tel serait le cas mieux vaut passer son chemin, afin de ne pas perdre son temps.
L’album porte et apporte beaucoup, il faudra l’écouter ou se laisser porter, ce qui est mieux encore, après s’être branché au son du cuivre, vif, vivace et vivant, qui vous parle et dessine, en votre âme, sensations et sentiments. Il respire, vous transporte en même temps que l’air. Vous élève même avec facilité, en vous arrachant à votre condition charnelle, s’abandonner et laisser filer, c’est juste magique.
Tout est sublime ici, du premier souffle au dernier relâchement qui vous dépose, transformé, calme et reposé. La médecine est puissante et performante. Quand ils auront bien défoncé la Sécu et qu’il ne vous restera plus rien dans les poches, pensez au bon docteur Wadada qui saura encore faire quelque chose pour vous…
Deux heures passées hors du temps, où le feeling l’emporte sur toute autre considération, le vieil homme, âgé de quatre-vingts ans, est juste exceptionnel.