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Rallumage des lumières vives

Avis sur Turn On the Bright Lights

Avatar Monsieur_Scalp
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Ce qu'il y a beaucoup à craindre quand on a tellement écouté un disque, c'est de ne plus, justement, pouvoir l'écouter pendant une bonne période de la vie, pour ne pas oser dire plus jamais. C'est le cas pour Nevermind, l'album de Nirvana paru en 1991, ou, plus local, de Boire sorti en 1995 de chez Miossec. On pourrait même en arriver à la limite du dégoût dans le cas extrême.

Turn On The Bright Lights, est longtemps resté à l'ombre de ma CDthèque, mais a largement plus passé dans le lecteur que Songs For The Deaf de Queens Of The Stone Age paru en la même année 2002. Et puis ce fut l'overdose. Interpol resta muet durant des années, Antics, le deuxième album n'ayant suscité que peu d'intérêt et provoqué un bon nombre de déceptions de fans demeurés hantés par le premier album à l'écran rouge vif.

Après tant de temps écoulé, tu te dis : Tiens, si on se le repassait ? Et là, toute crainte évaporée, la magie reprend. Introduction avec "Untitled", planant, brumeux, une ligne de basse superbe. Les titres défilent, t'es regagné par cet amour mélancolique qui dormait en toi-même. Tu regardes le temps dehors, par une fenêtre : le ciel est bas, gris désespoir, mais la musique d'Interpol se prête à l'ambiance, même la nuit, quand la pluie tombée reflète les lumières froides des lampadaires sur la chaussée. "NYC" te mets dans un état béat et tranquille, réchauffant, émouvant. Tu écoutes tout l'album, affalé dans ton salon, sirotant volontiers un whisky, t'enivrant en douceur, ton esprit se liant aux effluves du son de ce groupe New Yorkais. La voix de Paul Banks te transporte au-delà de ton canapé. Tu songes. Tu es cette lumière d'une bougie au centre des ténèbres et des tourments. "Stella Was A Diver Ans She Was Always Down" et "Roland" passent intensément. L'album s'épilogue sur "Leif Erickson" à l'humeur lointaine.

En onze titres, avec certes des préférences, Turn On The Bright Lights, premier album souvent considéré comme le meilleur d'Interpol (au grand dam peut-on dire, hélas, du reste de la discographie qui succède) n'a pas perdu de sa force émotionnelle et efface toute mauvaise appréhension d'une réécoute périodique. Tant mieux. Mais n'en abusons pas à nouveau, ce serait dommage.

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