Il va falloir nous en contenter
Il y a, toute proportions gardées, quelque chose du 1er LP de Clash dans cet album de Twisted Wheel : la même urgence rageuse, la même simplicité brutale mais sincère dans l'expression des frustrations de la vie quotidienne, la même belle radicalité de mélodies faites pour être éructées la bave aux lèvres. C'est dire que "Twisted Wheel" nous ravit, en nous rappelant que l'urgence punk peut encore ravager nos cœurs, à défaut d'incendier les nations. Car c'est là que le bât blesse : on ne discerne chez Twisted Wheel ni nihilisme ricanant comme chez les Pistols, ni idéalisme guerrier comme chez Clash... Non, il est clair que le rock, même punk, n'a plus l'ambition de changer un monde englué dans de lamentables crises financières ou affrontant un probable désastre écologique... Twisted Wheel n'écrit pas les hymnes révolutionnaires, les "No Future" et les "White Riot" dont les kids ont pourtant autant besoin ; Twisted Wheel se contente de vomir de l'électricité tantôt joyeuse, tantôt atrabilaire, et ce de très belle façon. Il va falloir nous en contenter. [Critique écrite en 2009]