FME – Underground (2004)
L’abréviation FME signifie "free music ensemble", ce qui correspond parfaitement à la musique jouée ici. C’est un trio composé par Ken Vandermark aux anches, Paal Nilssen-Love à la batterie et Nate McBride à la basse. C’est déjà un peu ancien, deux mille quatre, du coup le Cd se négocie pas trop cher, et bien tant mieux : Que la musique circule !
Pour autant le support est gavé, plus de soixante et onze minutes ici, réparties sur quatre titres ou plutôt quatre parties qui s’identifient par une dédicace entre parenthèse. « For Joe McPhee » pour la partie une, « For Paul Lytton » pour la partie deux, « For Joe Morris » pour la partie trois et « For Peter Brötzmann » pour la dernière partie.
C’est un enregistrement de studio, au « Semaphore Recording » de Chicago, en décembre deux mille trois, sur deux journées. On sait que le live va bien avec le free et qu’il se nourrit des énergies libérées entre les musiciens et le public, un échange qui réussit souvent bien. Du coup ici c’est parfois un peu calme, comme sur la première partie, avec Vandermark à la clarinette basse qui dialogue avec ses deux partenaires, la contrebasse très en avant et la batterie qui dessine des espaces et sculpte le silence.
On entend distinctement Ken qui change d’instrument, embouchant un saxophone ténor, il semble que ce soit également un signal qui marque une évolution dans la pièce. On conserve la calmitude, Ken joue chaque note avec distinction, sans dérapage, un peu à la Sonny Rollins, un de ses maîtres. La rythmique se montre plus carrée, en cette fin de pièce.
La partie deux démarre sur un rythme plus enlevé mais ce n’est que passager. Le choix de l’improvisation et de la création spontanée ménage des surprises et de nombreuses évolutions sur des pièces plutôt longues, ici près de dix-huit minutes, c’est Paal Nilsen-Love qui semble vouloir prendre les choses en main, c’est un peu normal car c’est un hommage au fabuleux percussionniste Paul Lytton. Une belle pièce !
Le morceau dédié au guitariste Joe Morris est le plus court, Nate Mcbride semble diviser les territoires, il revient avec insistance à la tâche, alors que Ken change à nouveau d’instrument au fil de la pièce, l’improvisation toujours, qui circule, ensemble ou à tour de rôle, de façon plus tranquille qu’énervée, mais dynamique vers le final, cependant.
La dernière partie en hommage à Brötzmann démarre de la façon la plus calme, presque austère, grave, c’est très beau, particulièrement avec l’arrivée de Ken Vandermark qui ne joue pas « à la manière de… », une nouvelle pièce où Nate McBride joue sa partie en solo improvisé, avec ses deux partenaires qui interviennent ici ou là, la fin du morceau est très enlevée…