Medeski Martin And Wood – Uninvisible – (2002)
Sagement on pourrait indiquer que John Medeski joue des claviers, chacun comprend et associe le son avec l’instrument du musicien, pourtant rien n’est aisé sur cet album où Medeski joue de l’orgue Hammond A100, du clavinet, du Fender Rhodes, du Wurlitzer, du Mellotron, du piano acoustique, du mini-moog, du mélodica et puis aussi de trucs barbares genre Hohner string performer, ou arp string ensemble, ou encore super génie stringer et séquential Circuits Pro-one.
Rien qu’en lisant cette liste vous comprenez où vous êtes et la musique associée se devine un peu… Billy Martin le batteur est également intéressant, surtout parce qu’il est souvent mixé à l’avant, premier dans les préférences, il joue également des tambours parlants, du bata, des tambours du burundi, des cloches, du triangle et de quelques percus.
Seul Chris Wood est conventionnel, il joue en effet de la basse ou de la contrebasse, un gars simple et mesuré. Mais il reste un problème, celui des invités et là je ne vous fais pas la liste car ils sont trop nombreux, une bonne douzaine, mais il y a pas mal d’électro, avec DL Olive ou DJ P Love par exemple et puis des anches et des cuivres, des guitares et des percus, et tout ça, bien mélangé aboutit à ce curieux album.
Il y a quatorze pièces assez courtes, du genre trois ou quatre minutes, la plus longue est à six-trente-cinq, des tirs à un seul coup en gros. Alors quel est le goût de la soupe me demanderez-vous, non sans malice ?
Sans doute sommes-nous assez loin du meilleur Medeski, pour tout dire simplement. Cet album ne m’apparaît pas comme un passage obligé, on peut tout aussi bien le laisser de côté, si ce n’est un titre ou deux qui pourront plaire, des ambiances particulières bien trouvées, mais si vous êtes amateur d’électro sans doute verrez-vous les choses autrement, et c’est bien normal !
On pourra s’attarder sur « I Wanna Ride You » étudié pour plaire, ou « Pappy Check », ou encore « Smoke », sans oublier « Your Name Is Snake Anthony » et son atmosphère particulière, ainsi que « Where Have You Been ? » ou « First Time Long Time », ces derniers étant mes préférés…