Ray Anderson Pocket Brass Band – Where Home Is – (1999)
Une petite merveille d’album avec quelques indices dès le nom de la formation, ainsi « Brass » pour l’ensemble des cuivres porté par une batterie, « Pocket » pour la taille, car ici tout est petit, trois cuivres seulement, mais cela s’avérera nettement suffisant.
Ray Anderson est bien entendu le tromboniste, Lew Soloff l’excellent trompettiste et Matt Perrine au sousaphone, là où se loge souvent le son d’une contrebasse plus consensuelle. Bobby Previte est l’indispensable batteur qui fait le liant et dynamise l’ensemble.
Autant l’avouer de suite cet album a l’air badin, voire anodin, est tout simplement resplendissant. C’est lié en particulier aux musiciens qui sont de très haut niveau, comme l’excellent Ray Anderson qui « growle » ici à foison, il utilise à fond les possibilités du trombone pour en exprimer toute l’expressivité, les grognements, les sons plaintifs et les petits cris qui vont bien, dès le titre d’ouverture « Bimwa » qui allume bien la mèche.
Et puis il y a l’extraordinaire Lew Soloff à la trompette, parfait dans ce genre d’exercice où il excelle vraiment, déjà souvent écouté en compagnie de Gil Evans où il performait, tel un lutin. Il est également connu pour être membre de Blood, Sweat & Tears dès soixante-huit, remplaçant de Randy Brecker. Il finira en « requin de studio », comme il se disait à l’époque, pour ces musiciens que l’on pouvait recruter à la dernière minute, car ils savaient tout faire sur le bout des doigts.
Il est un autre instrument qui caractérise le son du ce « brass band », c’est évidemment le sousaphone de Perrine qui est évoqué, avec cette sonorité qui renvoie à la fanfare et donc à l’esprit de la Nouvelle Orleans qui se réveille ici, au contact d’un répertoire bien étudié.
On peut penser à « I Mean You » de Thelonious Monk, à « The Mooche » de Duke Ellington, ou encore à la dernière pièce, « The Pineapple Rag » de Scott Joplin ! Tout ça respire la joie et l’enthousiasme, et même une certaine insouciance tant la musique porte et respire…
Les autres pièces sont de Ray Anderson, on remarque en particulier « The Alligatory Abagua » et ses nombreux effets au trombone. Le tout enregistré au Studio Du Flon, à Lausanne, en Suisse donc, en quatre-vingt-dix-huit.