Michael Formanek – Wide Open Spaces – (1990)
Voici le tout premier album du contrebassiste de la côte ouest, Michael Formanek, nous sommes en quatre-vingt-dix et le Cd en est encore à ses débuts. Michael explique comment ce nouveau format change les habitudes, le fait de n’avoir qu’une face contraint davantage l’album à conserver une ligne directrice et une homogénéité. La capacité de stockage autorise un tel album avec près de cinquante-cinq minutes de musique, on change d’époque !
Cet album est une belle réussite, Formanek a tout composé avec un grand talent, mais il a su également s’entourer de fameux collègues, Greg Osby aux saxs alto et soprano, Mark Feldman au violon, Wayne Krantz à la guitare et Jeff Hirshfield à la batterie. Un album qui va bien au milieu de ces galettes vouées aux cordes, qui pleuvent en ce moment…
Cet album fait énormément plaisir lors de l’écoute, Formanek est un bassiste de grand talent et un compositeur habile, il fréquente nombre de jazzmen de la west coast et travaille avec Herbie Mann, Dave Douglas, Stan Getz ou Mulligan. La formation qu’il drive ici est construite à partir d’habitués qu’il aime côtoyer.
Cette bonne humeur qui règne transpire dans la musique, comme sur « Coffee Time » par exemple. On goûte au gros son bien rond de sa contrebasse, à sa belle technicité qui lui permet de virevolter avec élasticité, sa basse est chantante et optimiste, comme sur le très bon « Home, at Home », la pièce la plus longue qui frisotte avec les huit minutes trente…
Aujourd’hui il joue également en trio dans la formation « Thumbscrew », avec Mary Halvorson et Tomas Fujiwara, ce qui situe un peu sa famille d’influence et de cousinage jazz…