John Zorn - Masada – Zayin (1996)
Peut-être, avant d’aller plus loin, une brève parenthèse sur les formations « Masada » chez Zorn. Car celle-ci est la toute première, que nous pourrions appeler le quartet Masada acoustique, mais elle va connaître d’autres destinées, au fil des années. Car il y eût, en deux mille cinq, le grandiose double Cd « At The Mountains Of Madness », puis « 50⁴ » dans la série des anniversaires, qui parurent sous le nom « Electric Masada ».
Il y a eu également le « Masada String Trio », formé de Mark Feldman au violon, Erik Friedlander violoncelle et Greg Cohen à la contrebasse. Si on rajoute Marc Ribot à la guitare, Cyro Baptista aux percus et Joey Baron à la batterie on obtient le « Bar Kokhba Sextet », un dérivé. Enfin, depuis deux mille dix-neuf, est apparu le « New Masada Quartet » avec Julian Lage à la guitare, Jorge Roeder à la contrebasse et Kenny Wollesen à la batterie.
Ce septième volume « Zayin », est assez souvent considéré comme un point faible, particulièrement au regard de ses prédécesseurs, souvent excellents. Il est mis un peu à part, tout comme « Dalet », le quatrième volume. Pourtant nous baignons avec cette formation dans l’excellence, et même dans le mythique, pour les plus fans, il faut donc rester prudent et ne pas tirer de trop hâtives conclusions...
Les réussites pour commencer, « Mashlav », belle pièce incontestable, me semble-t-il. « Otiot », consacré à la basse de Greg Cohen, très mise en avant et gentiment accompagnée, trois minutes où il est mis en honneur. « Nevuah » fonctionne sur un hard bop survitaminé où Zorn et Douglas se passent la main de façon virtuose, puis se prennent les pieds dans le tapis et virent cahin-caha, un peu surprenant et étonnamment bavard, sans doute trop long, mais, cependant, encore impressionnant.…
Le long et lent « Kedem » fait partie sans doute des titres qui attirèrent les reproches, mais il connut une résurrection, repris par l’Electric Masada sur « At The Mountains Of Madness », en compagnie des très bons « Hath-Arob » et du superbe « Tekufah », tous les deux en provenance de cet album dans d’honorables versions.
Le bref « Zemer » est également à saluer, tout comme « Shevet » qui ouvre l’album ou « Evel » qui prend le temps. On le comprend bien, il y a beaucoup à sauver ici, mais à l’ombre des précédents albums, qui ne sont rien moins que parfaits, par ailleurs celui-ci semble un peu disparate, rassemblant certaines pièces qui pourraient sembler mineures.
Il fallait bien, de toute façon, un vilain petit canard…