Ursus Minor – Zugzwang – (2005)
Voici le premier album de la formation « Ursus Minor » dont le nom signifie « Petite Ourse », en rapport avec la constellation du même nom, donné lors d’une nuit où elle brillait, inscrite dans le ciel, alors que le groupe était en quête d’un nom et venait de terminer un concert… Dans l’ordre d’arrivée, c’est le troisième que je classe dans les rayons de ma Cdthèque, pourtant il est bien différent des deux autres…
Ils sont quatre musiciens à l’origine, Tony Hymas et ses claviers, Jef Lee Johnson et sa guitare électrique, François Corneloup aux saxophones baryton et soprano et David King à la batterie, ils ont l’air de jouer du jazz comme ça, mais…
Pour tout dire, c’est un véritable et succulent bordel, dans le sens désordre et difficile à classer, ranger et caractériser, mais c’est bon, bien que difficile à embrasser, cerner. Alors on va faire doucement, car il y a des invités, et, du coup, le jazz s’en va parfois, et même souvent, par la fenêtre, et puis…
Et puis il y a « les voix ». Boots en est une, qui arrive dès le premier titre, « Won’t Stop Raining » et qui nous plonge dans une ambiance genre, « vous allez voir », avec gratte et piano qui répètent le même motif…
Et puis il y a trois rappeurs américains, Boots Riley, M1 et Umi, déjà ça change le décor, mais ce n’est pas tout, car il y en a encore deux autres, français cette fois, et ils rappent avec notre langue, Spike et D’ de Kabal. J’aime particulièrement ce dernier avec cette voix si malaisante qui faisait le charme de la formation « Spoke Orkestra » dont je vous ai déjà parlé quelque part. « D’ » à lui seul décape grave avec des textes dérangeants et non consensuels. Ainsi l’anglais et le français se mélangent hardiment, en même temps que le jazz et le rap, mais ce n’est pas tout…
C’est que… Il y a également Jeff Beck qui joue sur quatre pièces, peignant lui aussi de sa couleur rock cet album, comme sur « Square dance rap », ou « Lists » ou encore « Won’t Stop Raining » et « Portable Solution » avec la chanteuse soul Ada Dyer, qui intervient pour calmer un peu tout ça, car il faut bien reconnaître que de temps en temps ça déjante un peu et faut s’accrocher…
Pour ma part je retiens quelques titres, « Le Soldat Rangé », « Lists » ou « Burn one Down » en plus des pièces déjà citées. Il est rare de proposer un tel mélange avec des genres qui parfois peuvent paraître très différents et presque pas compatibles, bien que désormais preuve est faite que rien n’est impossible au monde de la musique…