Mary Halvorson – About Ghosts – (2025)
J’avais évoqué, à sa sortie, l’album « Cloudward » paru l’année dernière sous le patronage de Mary Halvorson, et surtout présenté sa formation qu’elle drivait, « l’Amaryllis sextet ». Il se trouve que cet album en est la continuation, une troisième étape également intéressante, après l’initial « Amaryllis » et son parfait continuateur.
Ce sextet est formé par Adam O'Farrill à la trompette, Jacob Garchik au trombone, Mary Halvorson à la guitare et au piano de poche, Nick Dunston à la contrebasse, Patricia Brennan au vibraphone et Tomas Fujiwara à la batterie. Pour être complet il faut ajouter la star de Blue Note, Immanuel Wilkins, au sax alto sur quatre pièces, et Brian Settles au sax ténor sur quatre pièces également.
D’évidence Mary Halvorson possède d’autres casquettes par ici, elle est compositrice de l’intégralité des morceaux, mais également arrangeuse, organisatrice et chef d’orchestre, un peu à l’image d’une Carla Bley, qui faisait tout cela très bien, avec une très grande maîtrise, que l’on retrouve ici.
Je n’avais parlé qu’en bien de « Cloudward » et je réitère ici, l’album est resplendissant, y compris cette pochette et tous ces petits fantômes qui s’agitent et flottent dans l’air… Cette légèreté et ce sentiment aérien, qui échappent à la pesanteur, collent bien avec la musique et les solos de Mary, étonnants et pleins d’humour…
Il est aisé de se laisser porter par cette atmosphère chamallow, mais il ne faut pas oublier que derrière se cache un énorme travail sur les arrangements et la mise en place, l’organisation des solos, des ponts et des thèmes, toute cette science précise qui se laisse oublier, mais brille avec efficacité, malgré une grande complexité, l’air de rien…
Il serait vain de vouloir sélectionner un titre plus qu’un autre, car tout est décidément parfait, chacun est représentatif de l’ensemble, un élément du tout, à l’image du macrocosme. Mais on pourrait, s’il le fallait vraiment, tomber en admiration devant « Amaranthine », ou « Absinthian » ou encore « Carved From » et la pièce d’ouverture, « Full of Neon ».