Il souffle un air de déjà vu sur cet album d’Émile Parisien et de Vincent Peirani, c’est la réflexion qui me vient en premier en découvrant « Abrazo », le dernier arrivé des albums du duo. Ces deux-là jouent comme des frères et j’espère pour eux que de temps en temps ils se chamaillent, bien que ça ne se voit pas, ni ne s’entend.
L’entente est là, aussi bien que l’écoute, gémellité aurait également convenu, tant ils se fondent, s’aiment et se complètent. Il est dit dans les notes de pochette qu’Abrazo est une accolade mais aussi le geste d’enlacer sa partenaire quand le Tango se danse. Bien que je vois bien qui est le grand et qui est le petit, l’embrassade est symbolique, dans la fusion des esprits, et le tango est le thème central autour duquel tout court…
Un air de déjà vu, ça veut dire également que ça stationne haut, c’est-à-dire là où ils nous emmènent quand ils s’envolent, dans les cimes, tout là-haut, et, une fois de plus, ça ne rate pas ! Ça grimpe, ça monte, ça virevolte, comme le font les oiseaux qui batifolent en tous sens… C’est précis, et tout se combine avec une extraordinaire facilité et une virtuosité qui vous fait tomber les bras, un lyrisme fou car tout est musique, chaleur, couleur, joie et pétillance…
Un seul titre signé Émile Parisien contre trois pour Peirani, mais beaucoup de reprises qu’ils ont arrangées, Astor Piazolla, Jelly Roll Morton, Gubitsch, Cugat et même « Army Dreamers » de Kate Bush, mais qu’importe tout se fond couleur tango.
Un album qui se place au sommet du jazz européen.