En déambulation dans un magasin Fnac, ne sachant pas quoi chercher exactement en ces jours récents, il y a ce disque en borne d'écoute. Après quelques échantillons écoutés au casque, je me suis dit : Pourquoi pas ?
Et puis cette voix, celle de la chanteuse, m'est familière. Où l'ai-je entendue cette voix, une fois l'album inséré dans le lecteur ? Oui, c'est cette même chanteuse berlinoise d'Exploded View, Annika Henderson, qui est également journaliste dans la vie. Et j'aime me passer quelquefois le premier album d'Exploded View avec ce mélange musical entre trip hop et rock allemand.
Abyss, dernier album en date d'Anika et son troisième (sauf erreur) qui succède à Change paru en 2021, révèle un contenu de morceaux bruts et frontaux. C'est comme un de ces disques rêches et secs dont PJ Harvey nous habituait dans les années 1990. L'ambiance est sombre, la guitare plane dans l'air quand elle ne trace pas des saillies raides qui égratignent l'atmosphère, cet instrument à corde électrique indissociable aux rockers qui ici vole parfois en surplace avant de fondre tel les petits faucons avec les serres déployées et que nous observons au-dessus des champs (le bien grungy "Abyss" et le tabassant "Honey"). On n'oublie pas la section rythmique qui tamponne à des moments plus nerveux (le punk "Out Of The Shadows").
Je n'ai peut-être pas trouvé l'album de l'année ni un des albums de plus qui marquera ma vie, mais Abyss s'écoute aisément et pourra répandre une électrique bande son à des ambiances particulières comme lorsque le soleil boude derrière une couette nuageuse de plomb.