Abdullah Ibrahim – African Magic – (2002)
Cet album provient de l’enregistrement d’un concert donné le treize juillet deux mille un à « La maison de la Culture du Monde » de Berlin, en Allemagne, donc. On se souvient qu’Abdullah Ibrahim est le nom musulman du pianiste autrefois connu sous le nom de Dollar Brand, pour resituer un peu. Il est né en Afrique du Sud et se montre très attaché à la cuture de son pays, qu’il aime chanter.
L’album est constitué d’une sorte de très longue suite, composée en vingt-quatre segments qui s’emboîtent parfaitement, incorporant des fragments de « Blue Boléro » dont on retiendra le final, quelques reprises de Duke Ellington, « Solitude » le temps de seize secondes, et principalement « In A Sentimental Mood », dans le cadre d’un hommage au pianiste, ainsi qu’une lecture de « Moten Swing », tout le reste a été composé par Abdullah Ibrahim, lui-même.
L’album se partage entre quelques pièces jouées en solo et d’autres, plus nombreuses, en trio, avec le contrebassiste Belden Bullock et le batteur Sipho Kumene. Mais ne nous y trompons pas, c’est un album avant tout dédié au piano, en une sorte de vaste mélange culturel et mondial, incorporant y compris la musique occidentale.
On connaît l’influence centrale de la musique africaine souvent revendiquée, il n’est que de lire la discographie du pianiste pour compter de nombreux albums où l’Afrique est citée, comme sur le titre de celui-ci, un parmi les autres….
On a évoqué l’hommage à Duke Ellington, qui s’entend également au-travers de la compo « Duke 88 », mais il faudrait également ajouter celui envers John Coltrane, simplement nommé « For Coltrane », six minutes consacrées à l’exposition d’un thème habilement visité, de la cave au grenier, incorporant une vision « cubiste » des lieux !
On retiendra également « Tuang Guru » et son côté Zornien, l’habilement charpenté « Blues For a Hip King » et le balancé « Black Lightning ». Un album pour les amateurs de Dollar Brand et de piano…