Ernest Dawkins – Afro Straight – (2012)
Je reviens rapidement sur la carrière d’Ernest Dawkins, membre de l’AACM de Chicago, de l’Ethnic Heritage Ensemble et figure emblématique de jazz made in Chicago. Une sommité qui enregistre, toujours sur Delmark, cet « Afro Straight », pièce de sa composition d’une minute trente-quatre, entièrement consacrée aux percussions.
Il signe également le très beau « Old Man Blues » assez génial, qui me fait tant rêver quand je l’écoute. Tout le reste de l’album, qui dépasse les soixante-sept minutes, est consacré aux standards, à une vision de la tradition et du répertoire de jazz US, il faut dire qu’il y a de quoi faire.
Ça commence direct avec une reprise du « Mr.PC » de Coltrane, une version dans la ligne du « Giant Steps », mais très fraîche, bien enlevée et parfaitement envoyée. On revient à Coltrane un peu plus loin avec « Central Park West » en provenance du « Coltrane's Sound » de soixante-quatre, une ballade qui va bien.
Un autre saxophoniste est à la fête côté reprise, c’est Wayne Shorter dont Ernest reprend le fameux « United » joué pour la première fois par les Jazz Messenger’s d’Art Blackey en soixante et un et popularisé par Woody Shaw, pour son album du même nom. Ici le génial trompettiste Corey Wilkes participe grandement à la réussite du titre.
Wayne Shorter contribue encore sur cet album avec deux autres titres « Footprints » provenant d’« Adam's Apple » et « Juju » de l’album du même nom, deux standards énormes. Ernest ne lésine pas et frappe fort, nous régalant, il faut dire qu’il a ramené du gros dans sa formation.
Willerm Delisfort est au piano, Junius Paul à la basse, Isaiah Spencer à la batterie, Ben Paterson à l’orgue Hamond B3, et rien moins que Ruben Alvarez, Greg Carmouche et Greg Penn aux percussions, alors forcément ça chauffe dur par ici et rien n’est laissé à l’abandon, de l’énergie de A à Z dans l’esprit du post bop des années soixante.
Mais on remonte bien peu plus loin avec « Woody ‘n You » de quarante-deux signé Dizzy Gillespie, et joué dans l’esprit de l’époque, il y a également une reprise de « God Bless The Child » standard des standards, avec l’orgue Hammond aux avant-postes qui régale, sur lequel le sax d’Ernest fait merveille…
Mais il faut citer également « Softly As in a Morning Sunrise » qui remonte à mille neuf cent vingt-huit, encore un joyau classique indémodable, resté pour moi fameux grâce à une version de Sonny Rollins au Village Vanguard qui me hanta longtemps…
Un grand album qui fait bien plaisir et fait remonter les souvenirs.