Anouar Brahem, Anja Lechner, Django Bates, Dave Holland – After The Last Sky – (2025)
Je dois bien admettre que je n’ai pas écouté Anouar Brahem depuis longtemps, mon engouement pour sa musique a été à la fois relativement bref, en même temps que très intense, j’ai réuni sept albums de sa discographie entre « Conte De L’Incroyable Amour » de quatre-vingt-douze et « Souvenance » de deux mille quatorze.
Et puis le temps est passé, et je ne me suis guère replongé dans sa musique, la parution cette année d’un nouvel album est pour moi l’occasion de raviver les amours anciennes, qui m’avaient bien emportées autrefois, remontent les souvenirs de Jan Garbarek, John Surman, Dave Holland ou François Couturier qui participaient à cette musique en y incorporant la couleur jazz, dans un mélange abouti avec les couleurs orientales, portées par le oud d’Anouar Brahem. Il créait ainsi une musique inédite, entre une sorte de folk parfumé aux épices arabes et un jazz aventureux ouvert aux quatre vents, qui dévoilait le meilleur visage de la « world music ».
Ils sont quatre réunis sur cet album assez grave, Anouar et son oud, Anja Lechner au violoncelle, Django Bates au piano et Dave Holland à la contrebasse. L’album semble vouloir pencher du côté austère, peut-être est-ce l’arrivée du violoncelle qui appuie sur cette dominante assez sombre, en effet la combinaison du oud et de la contrebasse accentue l’effet et crée comme un recueillement, ou parfois un vif sentiment de nostalgie.
« Never Forget » en est un exemple parfait, mais d’autres thèmes sont encore plus sombres, passant de la simple mélancolie au chagrin. D’ailleurs l’auteur invite l’auditeur à suivre la musique et à déterminer par lui-même les sentiments qu’elle transporte. A noter également la dernière pièce, « Vague », fort jolie.
Le partenariat entre Anouar Brahem et ECM continue sur cet album, après une pause de huit années, l’assurance d’une belle qualité sonore et d’un réel confort d’écoute. Il y a également un livret assez copieux avec photos et notes en anglais.
On se souvient qu’ Anouar Brahem est un enfant de Tunis, il a commencé l’apprentissage du oud à l’âge de dix ans, il est ensuite venu à Paris où il est resté quatre années à partager la musique et à composer. Son appartenance à « l’écurie ECM » a été déterminante dans sa progression professionnelle et lui a apporté une grande sérénité.
Ce nouvel album est une belle réussite, mais d’autres enregistrements plus anciens permettront aux néophytes d’aborder plus aisément sa musique, comme « Le pas du chat noir », « Le voyage de Sahar » ou « Thimar ».