Ailleurs est un coup de maître, et sûrement l’album le plus ambitieux de la discographie de l’artiste. Sheller confirme sa virtuosité musicale en nous livrant un album entre rock et néo-classique, éparpillé d’inspirations diversifiées et réussies.
Si l’œuvre est à ce point grandiose, c’est grâce, notamment, à l’orchestre symphonique que Sheller a su déployer pour enrichir sa musique. Dès l’ouverture, avec Le Témoin Magnifique, Sheller nous ouvre la grand porte à un album teinté tantôt et surtout médiéval ( l’incroyable Excalibur, emprunt d’un onirisme épique ), mais aussi impérial et japonisant avec l’Octuor et La Sumidagawa, et parfois même d’influences de l’Est avec un morceau comme Sergei. Sur Ailleurs, l’orchestre nous livre une symphonie rock où l’esprit épique et héroïque de l’album atteint son climax.
Puissance et bravoure des cordes frottées, montées puissantes des cuivres, instrumentalisation jamais laissée au hasard et d’un symphonisme chevaleresque, Ailleurs s’illustrerait presque dans une esthétique cinématographique dont un Miyazaki ( Joe Hisaishi ) aurait tout à piquer. Sheller nous fait voyager à travers ses contrées romanesques et nous emmène, pour le coup, ailleurs, en nous léguant une symbiose textuelle et mélodique. Un pur évangile musical.