Eténèsh Wassié Trio – Arada – (2026)
Lorsque j’ai écouté la première fois Eténèsh Wassié, elle chantait aux côtés du guitariste Mathieu Sourisseau à la basse acoustique, c’était la période « Belo » de sa discographie. Autant le dire de suite ce fut pour moi un véritable choc émotionnel, sa voix et son chant m’emplirent l’esprit, et je suivis la piste avec ténacité.
Par bonheur la chaîne Mezzo diffusa deux concerts la concernant que je visionnais de nombreuses fois, je me penchais également vers la contribution qu’elle apporta au « Tigre des Platanes » sur l’album « Zeraf ! ».
L’album « Yene Alem » arriva bien plus tard, en deux mille dix-huit, le temps pour moi de me pencher vers le label toulousain « Mr Morezon » où la voici aujourd’hui avec le très beau « Arada », aux côtés du fidèle Mathieu Sourisseau à la guitare basse acoustique et à la composition.
On observe également l’arrivée de nouveaux musiciens accompagnateurs, Sébastien Bacquias à la contrebasse, Fabien Duscombs à la batterie sur six pièces et Mathieu Werchowski au violon sur trois titres.
Avec Eténèsh Wassié l’Ethio-jazz enraciné reprend vigueur auprès de la musique d’aujourd’hui, on conserve ce côté abrasif qui constitue l’identité du chant, avec cette voix abrupte qui va droit au but, sans détours inutiles, chargée par les fêlures et les brisures transmises par les affres de la vie. Les musiciens tout autour n’agissent qu’en périphérie, créateur de climat et fournisseurs d’énergie vitale, si le besoin se fait.
C’est Eténèsh le souffle de vie, c’est elle qui raconte également, à partir du patrimoine oral qu’elle connaît et qu’elle adapte, ce dernier volet est tout aussi essentiel que les précédents et s’inscrit comme une suite, un prolongement…
Magnifique !