Bien que rangée dans la catégorie « Jazz », Zara McFarlane me semble plus souvent servir un répertoire plutôt pop-rock dans un style qui fait de temps en temps penser au groupe Morcheeba à son meilleur, elle penche également côté reggae, son héritage jamaïcain sans doute. Avant de parler de son dernier album il est intéressant de dire un mot sur « Arise », son album précédent.
Il n'y manquait pas d’intervenants aujourd’hui célèbres appartenant à la nouvelle scène anglaise, Binker Golding au ténor, Moses Boyd au chant et à la batterie, Shabaka Hutchings à la basse clarinette, Nathaniel Cross au trombone. Du beau monde et un album très chouette qui se vendit bien, il faut dire que Zara est une interprète sensible qui n’hésite pas à s’engager pour les causes justes.
Comme le dit la sagesse populaire, « on ne change pas une recette qui gagne » … Et bien si, et c’est là tout l’intérêt de cet album qui représente une prise de risque considérable, c’est aussi ce qui me décide à parler de ces deux albums, il est assez rare d’observer un tel courage musical, se remettre en question si rapidement pour faire évoluer son art et aborder des sonorités nouvelles.
L’album est baigné dans une veine électro qui lui donne un aspect assez « futuriste », la chaleur du souffle et des peaux a presque disparu, on trouve uniquement Idris Rahman au saxophone sur deux titres. Place à la « Drum machine » et aux synthés, une basse et le vieux Rhodes de temps à autre, des percus et une guitare électrique aussi. Wu-Lu et Kwake Bass sont à la manœuvre ici…
Reste la voix de Zara, son chant et son engagement qui demeurent. Deux bons albums donc, deux visages dissemblables et distincts qui pourraient s’adresser à des publics différents, l’album suivant sera riche d’enseignements.