Damo Suzuki & Spiritczualic Enhancement Center – Arkaoda – (2022)
Paru sur le label parisien « Akuphone », voici un enregistrement de Damo Suzuki qui se fit connaître au sein du groupe Can, lors des bonnes années du Krautrock qui ont laissé des chefs-d’œuvre en pagaille. En écoutant cet album c’est un peu de ces souvenirs qui remontent, car, malgré le temps, il reste un peu de cet esprit-là qui vit encore dans cette musique.
Ça reste néanmoins bien différent, car le temps a joué son rôle, et c’est bien normal. L’album contient une grande part improvisée, avec de longues compos, trois au total, la première « U » s’étale sur l’entièreté de la première face pendant un peu plus de vingt minutes. La seconde face est occupée par deux pièces, le magnifique « Ra » et le splendide « Beja » qui, enchainées, tiennent également dans cette même durée.
Parlons un peu de ce « Spiritczualic Enhancement Center » qui porte la voix de Damo Suzuki. C’est le batteur, Nicolas Sheikholeslami qui lead la formation, il est soutenu par Faani aux percussions, Etkin Çekin à la basse, Æladin à la guitare, Omri Shmulewitz aux claviers et au chant, Carl-J. Hoffmann et Alexander P. Jovanovic aux Synthés. Le groupe est assez cosmopolite et tout simplement très bon, de mon point de vue, d’après ce qui se dit, il aurait été formé à Jérusalem.
C’est effectivement de la musique improvisée, bien qu’un canevas assez serré encadre le tout, souvent Damo aime être enregistré en concert, c’est ce qui lui va le mieux, ici ce n’est pas tout à fait le cas, pas de public ni de manifestation sonore extérieure. Toutefois l’impro et l’enregistrement en direct sont privilégiés, c’est une sorte de « Jam », de type studio, qui nous est proposée, là où est ancré le « Spiritczualic Enhancement Center », c’est à dire à Berlin.
Ça a été enregistré Le vingt-sept février de l’années vingt, à l’Arkaoda, qui donne son titre à l’album, ce qui signifie, « arrière-cuisine » ou « backroom ». C’est de la musique tendance cool, un peu jazzy, très psyché et traversée par des impros venues d’un peu partout, comme un train qui démarre et s’enrichit au fur et à mesure de l’avancée de la loco…
Vous reconnaitrez Damo, le phrasé, mais pas le timbre de la période « Can », mais ça le fait bien quand même d’autant que l’album est très agréable. Bien que la première face soit tout à fait épatante, je préfère encore la seconde, tout simplement merveilleuse. On retrouve la force hypnotique du groupe référent, avec, sur « Ra » des accélérations géniales qui aboutissent à une sorte de paroxysme avec « Beja ».
Je m’aperçois que le vinyle est annoncé « limité à cinq cents », mais il en reste, et il y a des Cds également… Par ailleurs je vous avais déjà présenté un autre album de Damo : Damo Suzuki's Network featuring The Elysian Quartet – Floating Element.