Bill Doggett – As You Desire Me – (1956)
Bill Doggett fait partie de ces vieux organistes à l’ancienne, pour qui Jimmy Smith est peut-être une sorte « d’Ovni », c’est dire si sa planète semble éloignée, et pourtant il garde dans ses doigts la douceur exquise des plaisirs anciens, c’est pourquoi il est parfaitement à sa place ici.
On n’attend pas de cet album une qualité d’enregistrement exceptionnelle, et nous ne sommes donc pas déçus, certains se souviennent peut-être de l’album « Dame Dreaming » avec ce même genre de pochette, et qui date lui aussi de cinquante-six, que je vous avais présenté il y a bien longtemps, on retrouve cette même veine ici, un poil plus austère…
Il faut imaginer qu’alors Bill était un précurseur, l’un des premiers à utiliser l’orgue Hammond, un instrument qui fit énormément pour la popularité du jazz. C’était alors un des tout premiers instruments qui faisait appel à l’électro, un son nouveau qui plut tellement, que Bill fera de gros succès et deviendra alors une des valeurs montantes du jazz.
On nous promet un orchestre en soutien sur la pochette, la mention « Orchestra » est pourtant anecdotique, on l’entend vraiment peu, de façon très éloignée, à la façon d’une contrebasse et d'une gratte enregistrées dans le lointain. L’impression est donc d’avoir avoir affaire à un orgue quasi en solo, avec un lointain support peu significatif, et qui donne la mesure de façon basique.
Ce qui n’empêche pas le charme d’opérer, les standards défilent et charment, organisant une ambiance « Lounge Bar » à l’ancienne, costumes rayés et Borsalino, regards langoureux et coupe aux lèvres, promesses d’un avenir proche à deux, tant que le charme de l’orgue Hammond opère…
« Vous partagerez bien une coupe ?
-Oh ! yes darling » …