Rashied Al Akbar, Muhammad Ali, Earl Cross, Idris Ackamoor – Ascent Of The Nether Creatures (2014)
En fouillant dans les rayons j’ai retrouvé cet album que je m’étais procuré au moment de sa sortie, aujourd’hui il semble épuisé mais continue une carrière via les fichiers bandcamp. C’est un quatuor qui s’est formé pendant la scène des lofts à New-York, une scène assez underground qui ne faisait pas trop de bruit, mais dont on exhume un à un les enregistrements qui ont été faits à l’époque, parfois dans des conditions un peu difficiles, avec des prises de son souvent approximatives.
C’est un peu le cas ici, bien que ça reste très largement écoutable, nous sommes en Hollande, l’autre pays du jazz, le douze juillet mille neuf cent quatre-vingts. Commençons par celui dont on ne sait rien, Rashied Al Akbar, contrebassiste, connu pour cet unique enregistrement sur Discogs.
C’est dans ce genre de cas qu’on se dit que la notoriété ne veut pas dire grand-chose et que ça tient au sort, à la chance ou au destin, car ce gars, c’est un fameux bassiste. Le son même de sa basse est impressionnant, très boisé, vibrant sous l’archet, se concentrer sur son jeu est un réel plaisir, d’autant qu’il aime se promener dans les sons graves de son instrument.
Le batteur Muhammad Ali est présent également, dans un registre free pour cette fois, la période funk n’est pas encore arrivée. Il joue comme on sait, solide et puissant, précis et millimétré, c’est le frère de Rashied et il sait comme lui, lâcher les chevaux comme il faut.
Idris Ackamoor au sax alto et ténor, issu des célèbres « Pyramids » a connu une résurrection assez récente et même un certain succès commercial. Pour l’heure il joue de façon très inspirée, il est aussi l’auteur du morceau titre « Ascent Of The Nether Creatures », le plus réussi de l’album, hélas fractionné en deux parties par nécessité, il faudra donc se lever au milieu de la pièce…
Enfin Earl Cross est un merveilleux trompettiste, il a joué aux côtés de Charles Tyler et Noah Howard, on peut l’entendre avec son sextet, sur un split avec Sam Rivers. Il est également l’auteur du morceau d’ouverture, très vif et très technique il possède encore le feu de ces trompettistes bop qui envoyaient beaucoup en quelques salves destructrices.
Bien entendu il y a également des impros pour faire juste mesure, un bel album qui brûle encore.